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Le Conseil national du bien-être social (CNBES) est un organisme consultatif de citoyens et citoyennes auprès de la Ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences sur des questions relatives aux citoyens et citoyennes à faible revenu. Plan du Site

Profil de la PauvretÉ 2007

Tendances en matiÈre de pauvretÉ
Selon le type DE famille, 1976-2007

Qu’entendons-nous par familles
et par personnes seules?

Nous utilisons le terme « famille » pour faire référence à la définition de famille économique de Statistique Canada. Une famille économique est un ménage comprenant deux personnes ou plus, apparentées par le sang, par alliance ou par adoption. La définition s’applique aussi aux couples en union libre ou aux couples de même sexe.

Les personnes seules sont celles qui vivent de façon autonome ou avec des personnes non-apparentées, telles que des colocataires ou des locataires.

Pour obtenir une description détaillée des types de famille, consultez le bulletin Méthodologie, définitions et sources d’information.

Faits saillants

  • Nous pouvons observer des différences notables entre les taux de pauvreté et les tendances lorsque nous décortiquons les données par types de famille.
  • Certains types de famille ont un taux de pauvreté quatre fois supérieur à d’autres.
  • Il y a eu des améliorations durables en ce qui a trait aux tendances en matière de pauvreté des familles d’aînés et, plus récemment, des familles monoparentales dont le chef est une femme.

Dans le présent bulletin, nous avons utilisé les seuils de faible revenu après impôt comme mesure de la pauvreté. Pour obtenir des détails sur la méthodologie et les sources de données utilisées, consultez le bulletin Méthodologie, définitions et sources d’information.

Familles et personnes seules

Les taux de pauvreté des personnes seules et des familles ont tendance à augmenter pendant les périodes économiques difficiles et à diminuer pendant les périodes de prospérité économique.

graph 1La grande différence entre les deux groupes est le niveau de leurs taux de pauvreté. Les taux de pauvreté des personnes seules sont toujours de deux à trois fois plus élevés que ceux des familles.

Au cours des dernières années, le taux de pauvreté des familles a chuté plus rapidement que celui des personnes seules. Cette tendance à la baisse signifie qu’en 2007, le taux de pauvreté des personnes seules était 4,7 fois plus élevé que celui des familles – un taux record.

Même si l’écart entre les deux groupes n’a jamais été aussi important, le taux de pauvreté de chacun n’a jamais été aussi bas qu’en 2007.

Familles et personnes seules vivant dans la pauvreté, 2007
  Nombre Taux de pauvreté
Familles 525 000 5,8 %
Personnes seules 1 309 000 27,4 %
     

Pourquoi les taux de pauvreté
des personnes seules sont-ils toujours plus élevés que ceux
des familles?

Cela s’explique notamment par le fait que les familles ont souvent plus d’un gagne-pain. Par exemple :

  • chez de nombreux jeunes couples, les deux conjoints font partie de la population active rémunérée;
  • bon nombre de couples d’aînés comptent deux pensionnés lesquels reçoivent soit des pensions d’un régime privé, soit des pensions du gouvernement comme les pensions de la sécurité de la vieillesse.


Par définition, les personnes seules n’ont qu’un seul revenu. Par exemple, si elles deviennent malades ou si elles perdent leur emploi, elles ne peuvent compter sur aucun autre salaire. Par conséquent, elles pourraient être durement touchées par la récession qui a débuté en 2008.

Familles dont le chef est en Âge de travailler

Nous pouvons observer des différences dans les tendances en matière de pauvreté lorsque nous décortiquons les données relatives aux familles et que nous les présentons par type. La tendance la plus frappante est la diminution marquée des taux de pauvreté des familles monoparentales dont le chef est une femme.

Une famille dont le chef est en âge de travailler est une famille dans laquelle le principal soutien économique est âgé de moins de 65 ans.







La plupart des familles dont le chef est en âge de travailler dépendent d’un emploi comme source de revenus. Les tendances en matière de pauvreté de ce type de famille sont intimement liées à la conjoncture économique. Par conséquent, on peut s’attendre à une augmentation de leurs taux de pauvreté en 2008 et pendant les années subséquentes, surtout compte tenu du fait que les pertes d’emplois chez les personnes âgées entre 25 et 54 ans sont survenues beaucoup plus rapidement que celles survenues au cours des récessions précédentes (dans les années 1980 et 1990).


Les taux de pauvreté des familles monoparentales dont le chef
est une femme diminuent de façon importante

Au fil des ans, les familles monoparentales dont le chef est une femme ont toujours représenté 80 % et plus des familles monoparentales canadiennes. Elles comptent pour plus de 90 % des personnes vivant dans la pauvreté.

Pendant de nombreuses années, le taux de pauvreté des familles monoparentales dont le chef est une femme variait entre 40 % et 50 %. Par la suite, soit de 1996 à 2001, il est passé de 52,1 % à 33,8 %, puis il a remonté brusquement à 39,4 % en 2002, avant d’amorcer une autre tendance à la baisse. En 2007, le taux était de 23,6 %, le plus bas jamais atteint.

Malgré le fait que le taux de pauvreté des familles monoparentales dont le chef est une femme ait atteint un creux inégalé, il est de loin supérieur à celui des autres familles dont le chef est en âge de travailler.

Le nombre de familles monoparentales dont le chef est une femme vivant dans la pauvreté a chuté de 57 % entre 1996 et 2007 (de 311 000 à 135 000).

girlgraph 2

 

Pourquoi le taux de pauvreté des familles monoparentales
dont le chef est une femme a-t-il diminué?

Cette diminution reflète la tendance à la hausse du revenu du marché, laquelle a été engendrée par une hausse des gains ainsi que par un nombre plus élevé de femmes chefs de familles monoparentales touchant un revenu.1

  • Environ 6 familles monoparentales dont le chef est une femme sur 10 gagnaient un revenu en 1996. En 2006, 8 familles sur 10 touchaient un revenu.
  • Le revenu moyen du marché a augmenté de 68 % entre 1996 et 2007 – de 19 700 $ à 33 100 $.

Selon les résultats d’une étude, la plus grande partie des hausses au chapitre de l’emploi et des gains sont attribuables à la dynamique du changement de la population.2

En examinant les données des années 1980 à 2000, les chercheurs ont remarqué que les femmes plus instruites de la génération du baby-boom, commençaient à atteindre la quarantaine et à remplacer les anciennes cohortes de mères seules. La plupart des hausses observées au cours de ces années ont été enregistrées par les mères seules plus âgées et plus instruites. Peu de hausses ont été enregistrées par les jeunes mères.

Les politiques du gouvernement peuvent également avoir joué un rôle dans la diminution du taux de pauvreté de ce type de famille. Par exemple, le gouvernement fédéral a estimé que la Prestation nationale pour enfants a permis à 23 200 familles monoparentales de ne pas vivre dans la pauvreté en 2004.3

Il reste à voir si les changements au niveau de l’éducation, de l’emploi et des politiques gouvernementales protégeront les familles monoparentales dont le chef est une femme des effets de la récession qui a débuté en 2008.


1 Statistique Canada. Le revenu au Canada, Éditions de 2004 et de 2005, Catalogue no 75-202-XWF.
2Myles, John, et coll. Pourquoi l’emploi et les gains ont-ils augmenté chez les mères seules durant les années 1980 et 1990?, Direction des études analytiques documents de recherche, juin 2006, Statistique Canada, Catalogue no 11F0019MIE — no 282, [En ligne], http://www.statcan.gc.ca/pub/11f0019m/11f0019m2006282-fra.pdf.
3 Ministres fédéraux-provinciaux-territoriaux responsables des services sociaux. La Prestation nationale pour enfants - Rapport d’étape : 2006, Janvier 2008, [En ligne], http://www.nationalchildbenefit.ca/fra/06/06_toc.shtml.


Les taux de pauvreté des familles monoparentales dont le chef
est un homme sont plus bas

Le taux des familles monoparentales dont le chef est un homme tend à fluctuer de façon irrégulière d’une année à l’autre en raison du nombre relativement peu élevé de familles de ce type. Les estimations devraient être utilisées avec prudence, car la taille des échantillons est restreinte. Le taux de pauvreté des familles monoparentales dont le chef est un homme est habituellement inférieur à la moitié de celui des familles monoparentales dont le chef est une femme.

Le plus haut taux de pauvreté enregistré pour les familles monoparentales dont le chef est un homme fut de 26,5 %, en 1994. Ce taux a suivi une tendance à la baisse depuis, atteignant
son plus bas niveau jamais enregistré, soit 7,2 %, en 2006.


Les familles biparentales ont toujours affiché des taux de pauvreté peu élevés

Les couples sans enfants n’ont pas d’enfant de moins de 18 ans comparativement aux familles monoparentales et aux familles
biparentales
, qui elles, en ont.
Les familles biparentales affichent des taux de pauvreté beaucoup plus bas que chez les familles monoparentales. Depuis 2001, ils sont demeurés inférieurs à 7 % et ils ont fléchi jusqu’à 5,1 % en 2007, soit le plus bas niveau jamais enregistré.

Les familles biparentales constituent le type de famille en âge de travailler le plus courant (2,9 millions en 2007). Cela signifie également que la majorité des familles vivant dans la pauvreté sont des familles biparentales et ce, malgré le fait qu’elles affichent l’un des taux de pauvreté les plus faibles.


De toutes les familles dont le chef est en âge de travailler, les couples sans enfants sont ceux qui affichent les taux de pauvreté les plus bas

Les taux de pauvreté des couples sans enfants suivent habituellement les mêmes tendances que ceux des familles biparentales. Ils sont cependant légèrement inférieurs aux taux des familles biparentales.

Le taux de pauvreté le plus élevé enregistré chez les couples fut de 8,6 %, en 1997. Ce taux a ensuite fléchi progressivement pour s’établir à 4,7 %, en 2007, soit le taux le plus bas enregistré depuis 1980.

Familles dont le chef est en âge de travailler vivant dans la pauvreté, 2007
  Nombre Taux de pauvreté
Familles biparentales 146 000 5,1 %
Familles monoparentales dont le chef est une femme 135 000 23,6 %
Couples sans enfants 105 000 4,7 %
Familles monoparentales dont le chef est un homme* 14 000 10,8 %
* La taille de l’échantillon étant restreinte, il faut utiliser ces estimations avec prudence.    

PERSONNES SEULES EN ÂGE DE TRAVAILLER

Le fait que le taux de pauvreté des personnes seules en âge de travailler est le plus élevé de tous les types de famille est tributaire au manque de progrès durables

Dans les années 1970 et au début des années 1980, les taux de pauvreté des personnes seules en âge de travailler étaient beaucoup plus bas que ceux des aînés seuls et des familles monoparentales dont le chef est une femme. Au fil du temps, les taux des aînés et des familles monoparentales ont chuté. Les taux de pauvreté des personnes seules en âge de travailler sont donc maintenant les taux de pauvreté les plus élevés de tous les types de famille.


Le nombre de personnes seules en âge de travailler vivant dans la pauvreté est plus élevé que jamais

Entre 1976 et 2007, le nombre de personnes seules en âge de travailler vivant dans la pauvreté a plus que doublé, passant de 458 000 à 1,1 million au cours de cette période.

La proportion de ce groupe a augmenté de façon continue. La proportion de toutes les personnes vivant dans la pauvreté est passé de 15 %, en 1976 à 39 %, en 2007. Ces taux sont beaucoup plus élevés que la proportion de ce groupe dans l’ensemble de la population : 6 %, en 1976, comparativement à 11 %, en 2007.

La chute des taux de pauvreté des aînés au cours des 30 dernières années signifie qu’aujourd’hui, la plupart des personnes seules vivant dans la pauvreté ont moins de 65 ans.

  1976 2007
Personnes de moins de 65 ans 57 % 87 %
Personnes de 65 ans et plus 43 % 13 %
     

 

Les taux de pauvreté sont plus élevés pour les femmes seules

graph 1Au cours de la série chronologique de 1976 à 2007, les taux de pauvreté des femmes seules en âge de travailler ont toujours été plus élevés que ceux des hommes. Depuis 1988, le taux de pauvreté de ce groupe de femmes a toujours été le taux le plus élevé ou le deuxième plus élevé de tous les types de famille.

L’écart entre les hommes et les femmes est passé d’un maximum de 12,9 points de pourcentage en 1980, à 3,6 points de pourcentage seulement en 1982. Il s’est plus ou moins resserré depuis 2000 pour s’établir à 5,4 points de pourcentage en 2007.

Le récent resserrement de l’écart est principalement attribuable à une combinaison de la chute des taux chez les femmes et de la hausse des taux chez les hommes pendant une courte période de temps.

girlgraph 2

 

La différence entre les taux de pauvreté chez les femmes seules et chez les hommes seuls est grandement attribuable à la position défavorisée des femmes sur le marché du travail. La rémunération des femmes a toujours été moins élevée que celle des hommes. Les femmes ont aussi tendance à occuper un nombre relativement moins élevé d’emplois à temps plein et davantage de postes à temps partiel que les hommes.

 

Personnes seules en âge de travailler vivant dans la pauvreté, 2007
  Nombre Taux de pauvreté
Total 1 141 000 32,0 %
Hommes 615 000 29,7 %
Femmes 526 000 35,1 %
     

Couples d’aînés et aînés seuls

Les taux de pauvreté des couples d’aînés et des aînés seuls ont diminué de façon constante depuis la mise en place de certains programmes gouvernementaux, comme la Sécurité de la vieillesse. D’autres changements tels que la participation accrue des femmes sur le marché du travail et la loi sur le partage des biens matrimoniaux ont également joué un rôle dans la diminution des taux de pauvreté des femmes âgées.

Toutefois, le niveau des taux de pauvreté des couples et des aînés seuls diffère de façon considérable.

La taille de l’échantillon des couples d’aînés vivant dans la pauvreté est restreinte. Les estimations devraient donc être utilisées avec prudence. La taille de l’échantillon était trop petite en 2007 pour permettre de fournir une indication fiable du nombre de couples d’aînés vivant dans la pauvreté.

Les taux de pauvreté des couples d’aînés sont bas

Depuis 1982, le taux de pauvreté des couples d’aînés a toujours été le plus bas de tous les types de famille. En 2007, il a atteint son niveau le plus bas : 0,9 %.

 

 

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Le taux de pauvreté des aînés seuls est quinze fois plus élevé que celui des couples d’aînés

Les taux de pauvreté des aînés seuls, comme toutes les autres statistiques sur la pauvreté des aînés, affichent une baisse marquée depuis le début de la série chronologique qui remonte à 1976.

Malgré cette baisse, les taux de pauvreté des aînés seuls étaient quinze fois plus élevés que ceux des couples d’aînés en 2007.

Chez les aînées seules, le taux de pauvreté était de 68,1 %, en 1976. En 2007, il était passé à 14,3 %. Les taux de pauvreté des aînés seuls ont également chuté radicalement au cours de cette même période (de 55,9 % à 13 %).

Les taux de pauvreté des femmes ont toujours été plus élevés que ceux des hommes, mais l’écart entre les deux taux s’est rétréci au fil du temps. L’écart le plus important enregistré a été de 18,8 points de pourcentage, en 1982, tandis que l’écart le plus faible enregistré a été de 1,3 point de pourcentage, en 2007.

Le nombre d’aînés seuls vivant dans la pauvreté est relativement peu élevé. Cependant, le nombre d’aînées seules vivant dans la pauvreté est presque trois fois supérieur à celui des hommes âgés vivant seuls.

L’écart entre les taux de pauvreté des femmes et celui des hommes âgés s’explique en partie par le fait que les gains moyens des femmes sont moins élevés que ceux des hommes. Cette différence se prolonge à la retraite chez les personnes âgées qui reçoivent des prestations de retraite fondées sur leur rémunération antérieure. En outre, les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes et sont plus susceptibles d’épuiser leurs économies au fil du temps.

 

Nombre d’aînés seuls vivant dans la pauvreté, 2007
  Number Poverty rate
Total 168 000 13,9 %
Femmes 123 000 14,3 %
Hommes 44 000* 13,0 %
* La taille de l’échantillon étant restreinte, il faut utiliser ces estimations
avec prudence.
   

Aînés et seuils de faible revenu

Dans le présent bulletin, nous utilisons des seuils de faible revenu basés sur le revenu après impôt comme mesure de la pauvreté. Statistique Canada calcule également les seuils de faible revenu, mais en utilisant toutefois le revenu avant impôt.

La mesure avant impôt montre les mêmes tendances en matière de pauvreté. Cependant, les taux de pauvreté de tous les groupes d’âges et types de famille sont un peu plus élevés. Qui plus est, les taux des aînés sont ceux qui diffèrent le plus.

La mesure après impôt montre que le taux de pauvreté des aînés en 2007 se situait à 4,8 % (il y avait donc 201 000 aînés qui vivaient dans la pauvreté). Le taux avant impôt est plus élevé, soit 12,5 % (ou 524 000 aînés démunis). Plus de la moitié (303 000) de ces aînés démunis sont des femmes seules.


Avons-nous fait des progrÈs?

Au cours des 30 dernières années, nous avons pu observer que les taux de pauvreté des familles ont quelque peu chuté. Les taux des personnes seules ont également légèrement diminué, mais ils sont tout de même demeurés extrêmement élevés.

Le portrait global ne dit pas tout

Pour bien comprendre un tout, il faut le décortiquer. C’est pourquoi nous avons présenté de façon distincte les tendances en matière de pauvreté pour les différents types de famille. Si on compare la situation de 2007 à celle d’il y a 30 ans, on constate ce qui suit :

  • les changements sont minimes pour la plupart des familles en âge de travailler;
  • il y a eu des améliorations dans le cas des familles monoparentales dont le chef est une femme (même si les taux sont toujours élevés);
  • rien n’a changé pour les personnes seules en âge de travailler (en fait, la situation des hommes s’est même détériorée);
  • il y a eu des améliorations durables dans le cas des couples d’aînés et des aînés seuls (même s’il existe toujours un grand écart entre les deux).

 

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Novembre 2009

Identificateur PCIM

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