Profil de la Pauvreté 2007
Aperçu des tendances en matière de pauvreté, 1976-2007
Info rapide concernant 2007
En 2007, 2,9 millions de Canadiens et Canadiennes, notamment plus d’un demi-million d’enfants, vivaient dans la pauvreté.
| Taux de pauvreté | Nombre de personnes pauvres | |
| Total pour l’ensemble de la population | 9,2% | 2 952 000 |
| Enfants (0-17) | 9,5% | 637 000 |
| Adultes (18-64) | 9,9% | 2 113 000 |
| Aînés (65+) | 4,8% | 201 000 |
Dans le présent bulletin, nous vous présentons les tendances nationales qui se dégagent des taux de pauvreté enregistrés de 1976 à 2007. En premier lieu, nous mentionnons les tendances pour l’ensemble de la population, puis nous décortiquons les données en fonction de trois groupes d’âge : les enfants, les adultes en âge de travailler et les aînés.
Dans les autres bulletins, nous examinons dans quelle mesure les tendances en matière de pauvreté changent lorsque nous décortiquons les données de façons différentes, entre autres lorsque nous les présentons par catégorie de famille ou par province.
Pourquoi s’intéresser aux tendances ?
Lorsque nous parlons des tendances en matière de pauvreté, nous faisons référence aux variations, à la hausse ou à la baisse, dans les taux de pauvreté au fil du temps. Ces tendances peuvent nous aider à :
- comprendre l’incidence des événements passés, comme, par exemple, les répercussions des ralentissements économiques sur les taux de pauvreté;
- prédire les tendances futures;
- déterminer si un programme gouvernemental donné a eu pour effet de faire augmenter ou diminuer les taux de pauvreté.
Qu’est-ce qui a une incidence sur les tendances?
L’économie
Les tendances en matière de pauvreté sont souvent liées aux conditions économiques. Comme la rémunération procure une grande part du revenu de bon nombre de Canadiens et Canadiennes, la clé de la sécurité financière réside souvent dans le fait d’avoir un bon travail. Être sans emploi ou avoir un travail peu rémunéré sont parmi les principales causes de la pauvreté.
Les programmes gouvernementaux
Les programmes gouvernementaux peuvent contribuer à réduire la pauvreté. Les meilleurs exemples sont les programmes de soutien du revenu qui s’adressent aux aînés, comme le Programme de la sécurité de la vieillesse. Lorsque ces programmes ont été lancés, bon nombre d’aînés ont vu leur revenu augmenter, ce qui a fait chuter les taux de pauvreté.
Les changements au sein de la population
Les changements dans les caractéristiques d’une population peuvent également avoir une incidence sur les tendances en matière de pauvreté. Par exemple, la récente tendance à la baisse du taux de pauvreté des mères seules peut s’expliquer en partie du fait qu’aujourd’hui, elles ont tendance à être plus âgées et à avoir un niveau de scolarité plus élevé que dans le passé.
Total pour l’ensemble de la population
Lorsque l’économie tourne au ralenti, la pauvreté augmente
Comment les taux de pauvreté sont-ils calculés pour les individus? Entre autres, comment traitons-nous le cas des femmes mariées qui restent à la maison pour prendre soin de leurs enfants et qui n’ont pas de rémunération? Sont-elles considérées comme pauvres?
Les taux de pauvreté se fondent sur le revenu familial. Par revenu familial, on entend le total des revenus de chacun des membres d’une famille. Si ce revenu tombe sous le seuil de la pauvreté, tous les membres de la famille sont considérés comme vivant dans la pauvreté, peu importe combien chaque personne gagne.
Lors du ralentissement économique qui a caractérisé la récession de 1981-1982, le taux de pauvreté a augmenté. Deux ans plus tard, il a atteint un sommet en se fixant à 14 %. Par la suite, grâce à la reprise économique, le taux de pauvreté a diminué pendant tout le reste de la décennie pour atteindre son plus bas niveau en 1989, soit 10,2 %.
Les taux de pauvreté ont commencé à augmenter de nouveau en 1990, soit au début de la récession de 1990-1991. Même après la récession, la croissance de l’économie et de l’emploi est demeurée faible. Le taux de pauvreté a continué d’augmenter jusqu’en 1996. À ce moment-là, il a atteint un sommet de 15,2 %.
À partir de 1997, la croissance économique s’est passablement accrue, et le taux de pauvreté est à la baisse depuis ce temps. Le rythme de diminution du taux a cependant commencé à ralentir au début des années deux mille. En 2007, le taux de pauvreté de l’ensemble de la population a atteint un creux inégalé : 9,2 %.
La dernière récession, qui a débuté à la fin de 2008, a entraîné des centaines de milliers de pertes d’emploi et a fait grimper les taux de chômage. Si on se fie aux récessions précédentes, on peut s’attendre à une augmentation des taux de pauvreté en 2008 et lors des années subséquentes.
| Nombre de personnes vivant dans la pauvreté | |
| Le + élevé | 4,4 millions en 1996 |
| Le - élevé | 2,7 millions en 1989 |
Adultes en âge de travailler
Il s’agit du groupe d’âge le plus touché par la situation économique
La plupart des adultes en âge de travailler (18-64) dépendent d’un emploi comme source de revenus. Cela signifie que les tendances en matière de pauvreté pour ce groupe sont intimement liées à la santé de l’économie.
Le taux de pauvreté pour les adultes en âge de travailler a augmenté pendant les deux récessions. Il a culminé à 12,5 % en 1983 puis à 15,2 % en 1997. Pendant les périodes où la conjoncture économique a été plus favorable, il s’est maintenu à des niveaux plus bas, et un creux sans précédent de 9,3 % a été atteint en 1989. Plus récemment, la tendance a été à la baisse, et le taux a frôlé un nouveau record en 2007 alors qu’il s’est fixé à 9,9 %.
Un taux de chômage peu élevé n’est pas toujours synonyme d’un faible taux de pauvreté
En général, l’un des meilleurs indicateurs de pauvreté chez les adultes en âge de travailler est le taux de chômage. À mesure que le chômage augmente, il en va de même pour le phénomène de la pauvreté. Cependant, de 1993 à 1997, les deux taux ont évolué dans des directions opposées, le taux de pauvreté continuant d’augmenter en dépit de la baisse dans les taux de chômage.
Ces tendances opposées ont été enregistrées alors que la croissance de l’emploi est demeurée faible malgré la fin de la période creuse. Ce n’est qu’en 1997 que tous les emplois à temps plein perdus en 1990-1991 ont été récupérés.
Si on voit la même tendance se dessiner au terme de la présente récession, les taux de pauvreté demeureront élevés même après le début de la reprise économique.
| Nombre de personnes en âge de travailler vivant dans la pauvreté | |
| Le + élevé | 2,85 millions en 1997 |
| Le - élevé | 1,4 million en 1978 |
Enfants
Les tendances en matière de pauvreté chez les enfants sont calquées sur celles des parents
Comment détermine-t-on si un enfant est pauvre ou non? Évidemment, la plupart des enfants n’ont pas de revenu.
Les statistiques sur la pauvreté se fondent sur le revenu familial. Les enfants sont considérés comme étant pauvres lorsque le revenu familial se situe sous le seuil de la pauvreté.
De 1976 à 1980, le taux de pauvreté chez les enfants a fluctué entre 12 % et 13 %. À partir du moment où la récession a frappé en 1981, en seulement trois ans, le taux a grimpé jusqu’ à 16,2 %.
La reprise économique a amené une baisse correspondante dans le taux de pauvreté chez les enfants. En 1989, le taux avait de nouveau baissé et se situait à 11,9 %.
Au début de la récession de 1990, le taux a commencé à augmenter de nouveau. Et, comme cela a été le cas pour le taux de pauvreté des adultes en âge de travailler, le taux de pauvreté chez les enfants a continué de grimper après la récession pour atteindre un sommet de 18,4 % en 1996.
Depuis 1996, le taux de pauvreté chez les enfants est à la baisse. En 2007, le taux a atteint son plus bas niveau jamais enregistré : 9,5 %.
Cette tendance à la baisse semble être associée à une bonne conjoncture économique et, dans une certaine mesure, aux politiques gouvernementales, dont l’un des fleurons est le système de prestation fiscale pour enfants, qui a été lancé en 1998.
À l’heure actuelle, nous ne savons pas encore si, en cette période difficile que nous traversons, les politiques en vigueur réussiront à protéger les enfants des contrecoups de la récession mieux qu’elles l’on fait dans le passé. Cela reste à voir.
| Nombre d’enfants vivant dans la pauvreté | |
| Le + élevé | 1,3 million en 1996 |
| Le - élevé | 637 000 en 2007 |

Les aînés
Dans la lutte contre la pauvreté, la grande réussite du Canada a été de faire baisser à long terme le taux de pauvreté des aînés.

Les programmes gouvernementaux ont permis de réduire sensiblement la pauvreté chez les aînés
Dans les années cinquante et soixante, les gouvernements ont créé la pension de la sécurité de la vieillesse, le Supplément de revenu garanti, le Régime de pensions du Canada et un autre régime similaire au Québec : le Régime de rentes du Québec.
Ces programmes ont contribué à faire augmenter le revenu des aînés et ont entraîné une énorme baisse dans la pauvreté.
Les taux de pauvreté des aînés ont diminué de façon constante au cours des 30 dernières années
En 1976, le taux de pauvreté des personnes de 65 ans ou plus était de 29 %. Au cours des années qui ont suivi, il a diminué de façon plus ou moins constante pour atteindre un creux inégalé de 4,8 % en 2007. Cette tendance indique que, dans ce cas-ci, à l’inverse de ce que nous avons observé dans le cas des enfants et des adultes en âge de travailler, il n’y a pas de lien entre la santé économique et le taux de pauvreté.
La tendance à la baisse dans le taux de pauvreté est encore plus importante dans ce cas-ci, car elle s’est manifestée en dépit d’une énorme augmentation dans le nombre d’aînés au Canada. Alors que le nombre total d’aînés a plus que doublé de 1976 à 2007, le nombre de personnes âgées vivant dans la pauvreté a diminué.
| Nombre d’aînés vivant dans la pauvreté | |
| Le + élevé | 597 000 en 1977 |
| Le - élevé | 201 000 en 2007 |

Avons-nous fait des progrès?
Au cours des 30 dernières années, il n’y a pas eu d’amélioration durable dans les taux de pauvreté pour tous les groupes d’âge. La tendance à la baisse qui a commencé à se dessiner en 1997 nous a simplement ramenés aux taux de pauvreté de 1989.
Le portrait global ne dit pas tout
Pour bien comprendre un tout, il faut le décortiquer. C’est pourquoi nous avons présenté de façon distincte les tendances en matière de pauvreté pour les différents groupes d’âge. Si on compare la situation de 2007 à celle d’il y a 30 ans, on constate ce qui suit :
- Rien n’a changé pour les adultes en âge de travailler.
- Il y a eu de petites améliorations dans le cas des enfants, mais celles-ci semblent précaires.
- Il y a eu des améliorations durables dans le cas des aînés.
Dans nos autres bulletins, nous continuons de décortiquer les données pour vous aider à mieux comprendre le phénomène de la pauvreté au Canada.
Septembre 2009

