CNBES
 

UN REVENU POUR VIVRE ?


TABLE DES MATIERES English



INTRODUCTION

QUELLE EST LA SITUATION AU QUÉBEC ?

QUELLE EST LA SITUATION EN ONTARIO ?

QUELLE EST LA SITUATION EN ALBERTA ?

QUELLE EST LA SITUATION EN COLOMBIE-BRITANNIQUE ?

ANALYSE

RECOMMANDATIONS

CONCLUSION

ANNEXE A - MÉTHODOLOGIE

ANNEXE B - PROGRAMMES FÉDÉRAUX ET PROVINCIAUX

ANNEXE C - SALAIRES MINIMUMS

ANNEXE D - MESURE DU PANIER DE CONSOMMATION

ANNEXE E - SEUILS DE FAIBLE REVENU

ANNEXE F - CARACTÈRE ABORDABLE DU LOYER

ANNEXE G - CARACTÈRE ABORDABLE DES FRAIS DE GARDE

LE CONSEIL NATIONAL DU BIEN-ÊTRE SOCIAL

EN HAUT


INTRODUCTION



POURQUOI CE RAPPORT MAINTENANT?

Le débat à propos de la façon de mesurer la pauvreté au Canada est particulièrement intense depuis plus d'une décennie. Le Conseil national du bien-être social participe depuis le début à ce débat. En 1998, nous avons publié le document intitulé Nouvelles mesures de pauvreté : oui, non ou peut-être? dans lequel nous examinions les différentes façons dont la pauvreté peut être mesurée au Canada, y compris la nouvelle approche proposée par le gouvernement fédéral, la Mesure du panier de consommation. En mai 2003, Développement des ressources humaines Canada a publié les renseignements sur la Mesure du panier de consommation, ou MPC, pour 2000. Lorsque nous avons jeté un premier coup d'\'9cil à ces renseignements, nous avons estimé que la MPC constituait un outil prometteur qui pourrait ajouter une dimension intéressante au débat sur la pauvreté. Nous croyons qu'une mesure équitable du panier de consommation pourrait ajouter une perspective utile à l'évaluation du caractère adéquat des programmes de soutien du revenu du Canada, particulièrement des programmes de bien-être social. Le principal inconvénient que présente la MPC est que les données qui y sont associées ne concernent que l'année 2000. En l'absence d'informations qui s'échelonnent sur plusieurs années, nous ne pouvons évaluer si et comment la nouvelle mesure nous permettra de comprendre les tendances au fil du temps. Par conséquent, nous ne pourrons obtenir un portrait plus précis de la MPC que dans plusieurs années.

L'introduction d'une nouvelle mesure de la pauvreté a incité le Conseil à examiner d'un autre oeil le débat sur le seuil de pauvreté et ce qu'il signifie pour les Canadiens à faible revenu. Dans ce rapport, nous examinons ce que la nouvelle MPC et le seuil de pauvreté couramment utilisé à l'heure actuelle, les seuils de faible revenu, ou SFR, nous révèlent à propos de la situation des gens à faible revenu de quatre provinces. Nous analysons quatre types de familles à faible revenu qui vivent dans la plus grande ville du Québec, de l'Ontario, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique, et nous nous attachons à ce que serait leur revenu s'ils recevaient de l'aide sociale et s'ils occupaient un emploi rémunéré. En effectuant nos calculs, nous avons analysé les effets sur le revenu net des impôts et des programmes de soutien du revenu de chacune des quatre provinces.

Dans notre publication annuelle intitulée Revenus du bien-être social, nous étudions les taux de bien-être social depuis de nombreuses années. Nous sommes de plus en plus préoccupés par de nombreuses politiques provinciales qui poussent les assistés sociaux vers le marché du travail. L'introduction de la MPC nous donne l'occasion de déterminer si cette mesure peut mettre en lumière l'efficacité des projets de transition de l'aide sociale vers le marché du travail.


QU'EST-CE QUE LES SEUILS DE PAUVRETÉ NOUS DISENT À PROPOS DES GENS À FAIBLE REVENU ?
SEUILS DE FAIBLE REVENU

Le Conseil national du bien-être social et la plupart des autres groupes de politique sociale au Canada utilisent depuis longtemps les seuils de faible revenu, ou SFR, de Statistique Canada pour mesurer la pauvreté. Les données et méthodes d'enquête utilisées pour générer ces seuils sont produites par Statistique Canada, organisme du gouvernement fédéral réputé mondialement pour la grande qualité de son travail. Les seuils de faible revenu constituent de loin la mesure de la pauvreté la plus couramment utilisée au Canada. Malgré cela, Statistique Canada soutient depuis le début qu'il ne considère pas les SFR comme des seuils de pauvreté, probablement parce que le gouvernement fédéral ne veut pas reconnaître officiellement la pauvreté. Le Conseil et la plupart des autres groupes de politique sociale utilisent les termes "pauvre" et "faible revenu" de façon interchangeable.

Année après année, les chercheurs de l'intérieur et de l'extérieur du gouvernement ont facilement accès, à un coût modéré, aux statistiques produites à l'aide de la méthodologie associée aux SFR. Comme par hasard, les niveaux de pauvreté des SFR se situent autour de la moyenne des autres mesures de pauvreté qui sont publiées de temps à autre. Le Conseil examine un certain nombre de ces mesures de pauvreté dans son rapport annuel intitulé Profil de la pauvreté.

En règle générale, les seuils de faible revenu, ou SFR, correspondent à des niveaux de revenu qui doivent être consacrés de façon disproportionnée à la nourriture, au loyer et au vêtement. Par exemple, selon les SFR, on considère qu'une famille se trouve dans une situation précaire si elle dépense 20 p. cent et plus de son revenu pour se nourrir, se loger et s'habiller que la famille moyenne de taille comparable. Il existe des seuils pour sept tailles de famille et cinq tailles de collectivité différentes. Dans le présent rapport, nous avons utilisé les SFR de 2000, puisque cette année est la seule sur laquelle nous disposons d'informations concernant la MPC.

Le prochain tableau illustre les SFR de 2000 relatifs à la plus grande ville de chacune des quatre provinces et quatre types de famille qui font l'objet de notre étude. Il s'agit des SFR qui seraient utilisés pour Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver. Un tableau de la série complète de SFR figure à l'annexe E, à la fin du rapport.

Selon le tableau ci-dessous, une personne seule vivant dans une ville de plus de 500 000 habitants devait gagner 15 172 $ pour atteindre le seuil de pauvreté (SFR) en 2000. Une famille de deux personnes habitant une ville de la même taille devait gagner 18 513 $ pour atteindre le seuil de pauvreté. Enfin, ce seuil correspondait à 29 163 $ pour une famille de quatre personnes d'une grande ville.

TABLEAU 1 : SEUILS DE FAIBLE REVENU APRÈS IMPÔT DE STATISTIQUE CANADA (ÉTABLIS EN 1992) POUR 2000

Taille de la famille

Villes de 500 000 habitants et plus

Une personne (personne seule apte au travail ou personne seule handicapée)

15 172 $

Deux personnes (chef de famille monoparentale, un enfant)

18 513 $

Quatre personnes (couple avec deux enfants)

29 163 $



MESURE DU PANIER DE CONSOMMATION

En mai 2003, Développement des ressources humaines Canada (DRHC) publiait le rapport intitulé Les statistiques de 2000 sur le faible revenu selon la mesure du panier de consommation. La MPC permet d'estimer le coût d'un panier spécifique de biens et de services pour l'année 2000, en présumant que les dépenses du ménage ont servi à l'achat de tous les articles du panier. Les biens et services que l'on retrouve dans ce dernier sont essentiels à un niveau de vie minimal.

Le panier sur lequel se fonde la MPC comprend cinq types de dépenses que doit assumer une famille de référence. Cette famille est formée de deux adultes et de deux enfants. Les dépenses calculées sont celles consacrées à la nourriture, aux vêtements et aux chaussures, au loyer, au transport et à d'autres biens et services. Parmi les dépenses consacrées au transport, mentionnons les frais de transport en commun (dans les villes où ce service est fourni) plus un déplacement aller-retour en taxi par mois pour les urgences, ou l'utilisation d'une voiture usagée là où il n'y a pas de transport en commun. Parmi les services, mentionnons les dépenses consacrées aux soins personnels, aux articles ménagers, au mobilier, à un service téléphonique de base, aux timbres, aux dons à des organismes religieux et de bienfaisance, aux fournitures scolaires et à une quantité modérée d'articles à lire, d'activités récréatives et de divertissement.

Les chercheurs de DRHC qui ont préparé la MPC ont tenu compte des travaux d'autres organismes de recherche afin de déterminer le niveau de vie minimal dans certains secteurs. Par exemple, le volet transport de la MPC est grandement fondé sur la recommandation du Conseil national du bien-être social, formulée dans son rapport de 1998 intitulé Nouvelles mesures de pauvreté : oui, non ou peut-être? Dans ce rapport, nous recommandions d'établir une distinction entre les frais de transport de base des grandes régions urbaines et ceux des petites collectivités ou des régions rurales.

Le volet vêtements et chaussures de la MPC est fondé sur le niveau de vie acceptable (NVA) de Winnipeg Harvest et du Winnipeg Social Planning Council. Le NVA est un type de panier de consommation créé par des gens à faible revenu. Il a pour objectif de déterminer, à l'aide des gens à faible revenu, le niveau de revenu disponible requis pour l'achat d'un panier de biens et de services qui peut assurer un niveau de vie équitable et acceptable. Le NVA est un outil de mesure de la pauvreté particulièrement précieux puisqu'il a été élaboré par et à l'aide des gens qui vivent dans la pauvreté et qui sont les mieux placés pour la comprendre.

Pour sa part, le contenu du volet nourriture de la MPC est fondé sur la publication intitulée Le panier de provision nutritif \emdash Canada, publiée en 1998 par Santé Canada. Ce volet ne correspond pas au "régime idéal" ni au régime le moins coûteux qui répond aux besoins nutritifs. Il représente un régime nutritif qui correspond aux achats alimentaires des ménages canadiens ordinaires.

Le Conseil croit que la MPC reflète une définition motivée et raisonnable du niveau de vie minimal et des niveaux de vie acceptables fondés sur des méthodes acceptables. La MPC n'est aucunement une mesure parfaite, mais à notre avis, il s'agit d'une mesure équitable des besoins fondamentaux.

Les articles du panier ne sont pas au goût de tout le monde. Certains groupes néoconservateurs croient que le coût du panier est beaucoup trop élevé. Selon ces groupes, il existe différentes définitions du niveau de vie minimal. Par exemple, Christopher Sarlo, de l'Université de Nipissing, à North Bay (Ontario), a élaboré, avec le soutien du Fraser Institute, un groupe de réflexion néoconservateur établi à Vancouver, des seuils de pauvreté pour l'ensemble des provinces et des principales villes. Selon les seuils de pauvreté qu'il a établis, le niveau de vie minimal fait référence aux articles strictement essentiels à la survie. Par exemple, le panier de Sarlo ne contient ni café ni thé, ni livres, ni jouets pour les enfants. En outre, il ne comprend aucun élément de soins de santé puisque, selon Sarlo, les gens pauvres devraient pouvoir obtenir des services dentaires gratuits auprès de dentistes de la collectivité et recevoir du Club Lions local des lunettes gratuites.

Le Conseil considère que les seuils de pauvreté élaborés par Sarlo correspondent à une vision étroite de la vie, vision selon laquelle les gens ne sont pauvres que s'ils diffèrent de façon visible et frappante du reste de la société.

Par contre, certains groupes anti-pauvreté croient que le coût de la MPC n'est pas assez élevé. Par exemple, l'Organisation nationale anti-pauvreté, ou ONAP, a abordé en 2003 le sujet de la MPC devant le Comité permanent du développement des ressources humaines. L'ONAP a souligné que la MPC ne comprend pas les frais de transport des enfants, puisqu'elle ne tient compte que de deux cartes d'abonnement d'autobus par adulte. L'organisme a aussi critiqué la MPC, estimant que certains prix des articles vestimentaires comme les chaussures ne sont pas réalistes et sont trop bas (p. ex., 12 $ pour une paire d'espadrilles). L'ONAP a aussi souligné que, peu importe la façon dont la pauvreté est mesurée, cela ne modifie en rien la situation des gens pauvres au Canada.

D'autres critiques s'opposent au fait que l'on évalue, à l'aide de la MPC, la pauvreté absolue, c'est-à-dire les articles qu'une personne ou une famille doit absolument posséder pour survivre. Selon eux, aucune mesure du panier de consommation ne peut mettre en lumière les problèmes relatifs à la façon dont notre société répartit ses richesses. Le Conseil national du bien-être social croit que chaque mesure de pauvreté apporte quelque chose au débat. Les mesures absolues, comme la MPC, les mesures relatives comme la mesure du faible revenu, ou MFR, et les mesures comme le SFR ajoutent une dimension à la compréhension de la pauvreté.

Quelques-uns des critiques soulignent aussi que la mise à jour du panier sera extrêmement difficile. À mesure que la société évolue et que les gens ont des besoins différents, les articles qui composent le panier doivent être modifiés eux aussi. Selon la façon dont la MPC est mise à jour, cette dernière pourrait cesser, au fil du temps, d'être cohérente et de refléter les réalités des coûts de la vie de base. La MPC n'a été introduite qu'il y a un an, et le ministère du gouvernement fédéral qui en est responsable n'a pas précisé comment il entend la mettre à jour.

Aucune méthode de mise à jour de la mesure ne peut être parfaite, et toutes les mises à jour risquent d'être inéquitables et irréalistes. Le Conseil national du bien-être social croit qu'on devrait mettre à jour la MPC après avoir consulté les gens à faible revenu, des représentants d'organismes qui travaillent au sein des collectivités et des chercheurs. À notre avis, on doit effectuer ces mises à jour de la façon la plus ouverte et objective possible en fonction des changements réels intervenus dans la société et sur le marché, et sans interférence des intérêts politiques des gouvernements et politiciens fédéraux, provinciaux ou territoriaux.

La MPC est calculée pour 19 collectivités spécifiques et 29 tailles de collectivité dans les dix provinces. Son calcul se fonde sur une famille de référence formée d'un homme et d'une femme adultes âgés de 25 à 49 ans et de deux enfants, une fille âgée de 9 ans et un garçon de 13 ans. La MPC relative à d'autres types de ménage doit être calculée à l'aide de l'échelle d'équivalence de mesure du faible revenu (MFR). La MFR est une autre mesure courante de pauvreté qui équivaut à la moitié du revenu moyen adapté à la taille de la famille, mais il n'existe qu'une série de MFR pour tout le Canada.

Le tableau ci-dessous illustre le seuil relatif à la MPC qui s'applique à la famille de référence formée de deux adultes et de deux enfants dans la plus grande ville des quatre provinces qui font l'objet de la présente étude : Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver. La liste complète des MPC, par région géographique, se trouve à l'annexe D, à la fin du rapport.

TABLEAU 2 : SEUILS DE LA MESURE DU PANIER DE CONSOMMATION POUR DEUX ADULTES ET DEUX ENFANTS, 2000

 

Nourriture

Vêtements et chaussures

Logement

Transport

Autres

Total

Montréal

6 017 $

2 269 $

7 129 $

1 320 $

5 706 $

22 441 $

Toronto

5 778 $

2 292 $

11 399 $

2 316 $

5 558 $

27 343 $

Calgary

6 183 $

2 156 $

8 707 $

1 392 $

5 743 $

24 180 $

Vancouver

6 697 $

2 292 $

11 020 $

1 592 $

6 190 $

27 791 $


Selon le tableau ci-dessus, un couple de Montréal avec deux enfants avait besoin de 22 441 $ pour atteindre le seuil de la MPC. À Toronto, la même famille de quatre devait gagner 27 343 $. À Calgary, le seuil était établi à 24 180 $ et à Vancouver, à 27 791 $.


QU'EST-CE QUE LE FAIBLE REVENU ET LA PAUVRETÉ?

Chaque année, le Conseil national du bien-être social calcule les revenus du bien-être social de chaque province et territoire et publie les résultats dans son rapport régulier intitulé Revenus du bien-être social. Nous n'avons jamais vu les revenus du bien-être social même s'approcher du seuil de pauvreté, qu'il s'agisse du SFR ou de la nouvelle Mesure du panier de consommation.

Un autre groupe de gens souvent pauvres sont les gens qui occupent un emploi peu rémunéré. Dans le présent rapport, nous jetons un coup d'\'9cil sur les travailleurs qui gagnent le salaire minimum et ceux qui occupent un emploi à faible salaire. Au cours de la dernière décennie, tous les ordres de gouvernement ont effectué de nombreux changements stratégiques visant à encourager les assistés sociaux à intégrer le marché du travail, quitte à occuper un emploi mal payé. Le Conseil a décidé d'examiner, à l'aide du SFR et de la MPC, l'impact qu'ont ces incitatifs sur le revenu net des pauvres qui travaillent.

Aux fins de comparaison, nous avons aussi décidé d'examiner la façon dont les mêmes types de famille se classent par rapport aux deux seuils de pauvreté lorsque les soutiens de famille adultes gagnaient un revenu moyen.

Nous nous sommes fondés sur les montants d'aide sociale présentés dans notre publication régulière intitulée Revenus du bien-être social. Une méthodologie détaillée de ce calcul se trouve dans ce rapport-là. Nous avons calculé les salaires correspondant à des emplois à temps plein du 1er janvier au 31 décembre 2000. Les revenus minimums sont fondés sur le salaire minimum provincial, y compris les augmentations accordées durant l'année. Le faible salaire a été calculé à 10 $ de l'heure, ce qui correspond environ aux deux tiers du salaire horaire moyen des employés qui occupaient un emploi à temps plein en 2000. Les salaires moyens sont fondés sur des données de Statistique Canada que nous utilisons dans notre Profil de la pauvreté annuel.


COMMENT AVONS-NOUS PROCÉDÉ?

Dans la présente section, nous donnons un aperçu de la façon dont nous avons calculé les revenus réels et les dépenses. On trouve des renseignements détaillés sur la méthodologie utilisée dans la section qui porte sur ce sujet à la fin du document.

Dans le présent rapport, nous examinons ce que nous révèlent la nouvelle MPC et le SFR à propos de la situation des Canadiens à faible revenu. Pour ce faire, nous avons analysé la situation des Canadiens à faible revenu en utilisant la Colombie-Britannique, l'Alberta, l'Ontario et le Québec comme exemples de la façon dont les programmes publics ont un impact sur le revenu des pauvres. Ces quatre provinces ont chacune adopté une approche considérablement différente à l'égard de l'aide sociale, des impôts et d'autres programmes provinciaux comme le salaire minimum et les allocations familiales. Elles représentent une proportion importante de la population canadienne, soit environ 85 p. cent.

Nous examinons les revenus des quatre types de famille qui font l'objet de notre publication régulière intitulée Revenus du bien-être social. Ces quatre types de famille sont les suivants : une personne seule apte au travail; une personne seule handicapée; un chef de famille monoparentale avec un enfant de deux ans; et un couple avec deux enfants âgés de 10 et de 15 ans.

Nous examinons aussi quatre types de revenu différents : l'aide sociale, le salaire minimum, le faible salaire et le salaire moyen. On a calculé le salaire net pour chaque type de famille et chaque revenu. En outre, comme on a calculé que le montant "réel" que les prestataires de bien-être social reçoivent dans chaque province ou territoire, le présent document illustre les montants "réels" dans chacune des sections suivantes du document.

Le calcul du salaire net tient compte de l'ensemble des revenus salariaux et des avantages sociaux habituels. Par exemple, tous les travailleurs du Canada doivent verser une cotisation au Régime de pensions du Canada ou au Régime de rentes du Québec (RPC/RRQ) et à l'assurance-emploi (AE). Ces montants ont été déduits du revenu de nos travailleurs. Nous avons aussi calculé les impôts sur le revenu fédéraux et provinciaux et les avons soustraits des salaires des travailleurs.

De nombreux Canadiens à faible revenu et à revenu modeste sont admissibles à des programmes de prestations et d'avantages fédéraux et provinciaux. Dans le cadre de notre projet, nous avons calculé le montant que les familles reçoivent dans le cadre de programmes qui fournissent automatiquement des avantages sociaux fondés sur la déclaration de revenus d'un particulier. Nous n'avons pas tenu compte des programmes à propos desquels une famille ou un particulier doit présenter une demande distincte.

Les programmes de prestations et d'avantages fédéraux inclus dans le calcul sont les suivants : la Prestation fiscale canadienne pour enfants (PFCE), le Supplément de la prestation nationale pour enfants (SPNE) et le crédit pour taxe sur les produits et services (TPS). Au Québec, les programmes de prestations et d'avantages provinciaux inclus sont le crédit pour taxe de vente du Québec (TVQ), le remboursement d'impôts fonciers, l'allocation familiale, le programme Allocation-logement, le programme d'aide aux parents pour leurs revenus de travail (APPORT) et les garderies à 5 $ par jour. En Ontario, nous avons inclus le Supplément de revenu de l'Ontario pour les familles travailleuses ayant des frais de garde d'enfants, et en Alberta, le crédit d'impôt à l'emploi familial de l'Alberta. Pour ce qui est de la Colombie-Britannique, nous avons tenu compte des prestations de la Colombie-Britannique, qui comprennent les prestations familiales de la Colombie-Britannique et la prestation sur le revenu gagné de la Colombie-Britannique. L'annexe B, qui se trouve à la fin du présent rapport, contient des renseignements détaillés sur tous ces programmes.

Après avoir déterminé le salaire net, nous avons comparé ce chiffre aux deux seuils de pauvreté. Nous avons ainsi déterminé le salaire net dont chaque type de famille a besoin pour payer son loyer et, dans le cas d'un chef de famille monoparentale, pour assumer ses frais de garderie. Nous avons calculé les frais de garde en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique à l'aide du rapport intitulé Early Childhood Education and Care in Canada 2001, publié par la Childcare Resource and Research Unit de l'Université de Toronto. Nous avons procédé à un calcul différent du montant consacré à la garde d'enfants au Québec en raison du programme unique de services de garde à 5 $ de cette province. Même si les familles québécoises n'ont pas toutes accès aux services de garde à 5 $, c'est le mode de garde utilisé par la plupart des familles.

Les loyers sont extraits du Rapport sur les logements locatifs des ces quatre villes pour la période d'octobre 2000 et octobre 2001, rapport publié par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL). Dans le cadre de notre projet, nous avons présumé que les travailleurs seules et handicapés aptes au travail habitaient un logement muni d'une chambre. Nous avons aussi présumé que le chef de famille monoparentale avec un enfant vivait dans un logement muni de deux chambres et que le couple avec deux enfants occupait un logement muni de trois chambres. Les loyers moyens sont illustrés dans le tableau suivant.

TABLEAU 3 : LOYERS MOYENS, 2000

Ville

Une chambre à coucher

Deux chambres à coucher

Trois chambres à coucher et plus

Montreal

458 $

509 $

630 $

Toronto

830 $

979 $

1,165 $

Calgary

611 $

740 $

713 $

Vancouver

695 $

891 $

1,022 $


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QUELLE EST LA SITUATION AU QUÉBEC ?



AIDE SOCIALE

Le Conseil calcule les revenus d'aide sociale totaux de quatre types de famille dans l'ensemble du pays. Ces calculs sont publiés dans notre rapport régulier intitulé Revenus du bien-être social et tiennent compte de toutes les prestations qu'une personne ou une famille toucherait si elle commençait à recevoir de l'aide sociale le 1er janvier et qu'elle ne touchait aucun revenu de travail pendant toute l'année. Nous avons effectué les calculs de la présente section en présumant que chaque type de famille vit à Montréal, la plus grande ville du Québec. Le présent rapport ne contient que les revenus d'aide sociale pour 2000, puisque la mesure du panier de consommation concerne l'année 2000.

QUÉBEC, REVENU D'AIDE SOCIALE TOTAL, 2000

Personne seule apte au travail

6 282 $

Personne seule handicapée

9 089 $

Chef de famille monoparentale, un enfant

12 950 $

Couple, deux enfants

16 285 $

Les revenus d'aide sociale des quatre types de famille sont illustrés dans le tableau ci-dessus. En 2000, au Québec, une personne seule apte au travail touchant de l'aide sociale recevait 6 282 $. Ce revenu était un peu plus élevé pour la personne seule handicapée, soit 9 089 $. Un chef de famille monoparentale avec un enfant âgé de deux ans gagnait pour sa part 12 950 $, et un couple avec deux enfants âgés de 10 et de 15 ans, 16 285 $.


QUÉBEC, POURCENTANGE DU REVENU D'AIDE SOCIALE PAR RAPPORT AUX SEUILS DE PAUVRETÉ, 2000

 

Salaire net

MPC

% de la MPC

SFR

% du SFR

Personne seule apte au travail

6 282 $

11 221 $

56 %

15 172 $

41 %

Personne seule handicapée

9 089 $

11 221 $

81 %

15 172 $

60 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

12 950 $

15 709 $

82 %

18 513 $

70 %

Couple, deux enfants

16 285 $

22 441 $

73 %

29 163 $

56 %


Le deuxième tableau illustre le pourcentage de revenu que touche chaque type de famille par rapport au seuil de pauvreté. Aucun de ces types de famille ne recevait un revenu se situant près des seuils de pauvreté, mais la situation était beaucoup plus dramatique pour certains que pour d'autres. La personne seule apte au travail ne touchait que 56 p. cent de la MPC et 41 p. cent du SFR. Le travailleur seul handicapé recevait un soutien beaucoup plus adéquat, même si ce dernier ne comptait que pour 81 p. cent de la MPC et 60 p. cent du SFR. Le chef de famille monoparentale avec un enfant recevait 82 p. cent de la MPC et 70 p. cent du SFR. Quant au couple avec deux enfants, il touchait 73 p. cent de la MPC et 56 p. cent du SFR.

À cause de ces paiements d'aide sociale tout à fait inadéquats, chaque type de famille consacrait une portion considérable de son revenu au loyer, même si, à Montréal, les prix des logements sont parmi les plus bas au Canada. Dans cette province, en 2000, les loyers mensuels moyens s'élevaient à 458 $ pour un logement muni d'une chambre, à 509 $ pour un logement de deux chambres et à 630 $ pour un logement muni de trois chambres.

La personne seule apte au travail qui vivait dans un logement moyen muni d'une chambre devait consacrer 87 p. cent de son revenu d'aide sociale au loyer. La personne seule handicapée vivant dans le même type de logement consacrait pour sa part 60 p. cent de son revenu au loyer. En ce qui concerne le chef de famille monoparentale avec un enfant qui habitait un logement de deux chambres, son loyer comptait pour 47 p. cent de son revenu. Le couple avec deux enfants vivant dans un logement moyen muni de trois chambres avait besoin de pratiquement le même montant pour payer son loyer : 46 p. cent du revenu familial.

De nombreux chercheurs et organismes communautaires estiment qu'un logement abordable correspond à un maximum de 30 p. cent du revenu familial. L'organisme du gouvernement fédéral responsable du logement est la Société canadienne d'hypothèques et de logement, ou SCHL. Selon la SCHL, le coût d'habitation mensuel ne devrait pas dépasser 32 p. cent du revenu mensuel brut.

Aux fins du présent document, nous avons utilisé le pourcentage de 30 p. cent du revenu net comme mesure de logement abordable. Nous avons remarqué que les travailleurs qui touchent un faible salaire ou le salaire minimum avaient parfois des revenus nets plus ou moins élevés que leur salaire net. La comparaison du loyer avec ces revenus nets nous donne donc un portrait plus précis de ce que les locataires ont réellement en poche après avoir payé leur loyer.

Chaque type de famille touchant de l'aide sociale à Montréal consacrait beaucoup plus que le pourcentage de 30 p. cent recommandé au loyer; dans le cas d'une personne seule apte au travail, ce montant était même près de trois fois plus élevé.


SALAIRE MINIMUM

QUÉBEC, SALAIRE MINIMUM, 2000

 

Salaire brut

Salaire net

% de différence

Personne seule apte au travail

14 352 $

12 533 $

-12,7 %

Personne seule handicapée

14 352 $

13 641 $

-5,0 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

14 352 $

20 812 $

45,0 %

Couple, deux enfants

28 704 $

28 393 $

-1,1 %

  Au Québec, en 2000, le salaire minimum s'élevait à 6,90 $ l'heure. Les revenus bruts figurent dans la deuxième colonne du tableau ci-dessus. Une personne qui travaillait à temps plein, soit 40 heures par semaine et 50 semaines par année, ne touchait que 14 352 $. Il s'agit là du salaire brut de la personne seule apte au travail, de la personne seule handicapée et du chef de famille monoparentale avec un enfant âgé de deux ans. Un couple avec deux enfants âgés de 10 et de 15 ans gagnait 28 704 $, puisque la famille comptait deux travailleurs à temps plein. Tous ces salaires comprenaient une paie de vacances obligatoire de 4 p. cent.

Dans le même tableau ci-dessus, la deuxième colonne à partir de la droite illustre le salaire net. Une personne seule apte au travail touchait un salaire net de 12 533 $, ses retenues salariales correspondant à 12,7 p. cent du salaire, ou à une réduction d'environ 2 000 $. Une personne seule handicapée gagnait un salaire net un peu plus élevé de 13 641 $, les retenues salariales correspondant à 5 p. cent. Malgré un revenu identique, les personnes handicapées paient moins d'impôt sur le revenu et touchent donc un revenu disponible un peu plus élevé. Un chef de famille monoparentale avec un enfant touchait un revenu net de 20 812 $, soit 45 p. cent de plus que son salaire en raison d'un certain nombre de prestations et de crédits d'impôt destinés aux parents. Un couple avec deux enfants touchait un revenu net de 28 393 $, soit seulement 1,1 p. cent de moins que le total des salaires.

Le revenu net était différent du salaire brut en raison des déductions et des prestations. Les cotisations au Régime des rentes du Québec (RRQ) et à l'assurance-emploi (AE) ont été déduites du revenu de chaque travailleur. Nous avons aussi soustrait l'impôt sur le revenu fédéral et provincial. Chaque famille touchant le salaire minimum devait payer des impôts sur le revenu, à l'exception du chef de famille monoparentale avec un enfant, qui, après avoir demandé la déduction pour les frais de garde, touchait un revenu net trop faible pour payer des impôts sur le revenu. Le régime fiscal du Québec accorde aussi aux chefs de famille monoparentale de généreux crédits d'impôt.

En outre, nous avons calculé les diverses prestations et divers avantages fédéraux et provinciaux auxquels chaque type de famille avait droit. La personne seule apte au travail et la personne seule handicapée recevaient chacune un crédit pour taxe sur les produits et services (TPS) et sur la taxe de vente du Québec (TVQ). Le chef de famille monoparentale avec un enfant recevait un crédit pour TPS et TVQ, la Prestation fiscale canadienne pour enfants et son supplément, l'allocation familiale du Québec, ainsi que des prestations dans le cadre du programme d'aide aux parents pour leurs revenus de travail et du Programme Allocation-logement. Le couple avec deux enfants recevait le crédit d'impôt pour TPS et TVQ, la Prestation fiscale canadienne pour enfants et son supplément, ainsi que l'allocation familiale du Québec.

On observe une très grande différence entre le revenu net de la personne seule apte au travail et celui du chef de famille monoparentale avec un enfant. Ce dernier, malgré un salaire identique à celui de la personne seule apte au travail, touchait près de 10 000 $ de plus en revenu disponible. Cette situation est grandement attribuable aux généreux programmes et avantages provinciaux dont bénéficient les familles avec enfants au Québec. Cette province verse un montant élevé d'aide financière aux familles à faible revenu, en particulier aux chefs de famille monoparentale à faible revenu.

Les garderies à 5 $ par jour constituent probablement le programme le plus important offert par le gouvernement du Québec. Pour le chef de famille monoparentale qui touche le salaire minimum, les frais de garde d'enfants ne comptaient que pour 6 p. cent du revenu familial. Ce type de famille bénéficiait aussi d'une autre réduction de ses frais de garde grâce aux prestations versées dans le cadre du programme d'aide aux parents pour leurs revenus de travail. Grâce à ces garderies à prix abordables, les perspectives d'emploi qui s'offrent aux parents recevant du bien-être social sont beaucoup plus réalistes et viables. Les chefs de famille monoparentale avaient accès à des garderies fiables et sûres tout en renforçant leurs liens avec le marché du travail. En outre, il leur restait un revenu disponible suffisant pour assumer les autres dépenses du ménage.

 

QUÉBEC, POURCENTAGE DU SALAIRE MINIMUM PAR RAPPORT AUX SEUILS DE PAUVRETÉ, 2000

 

Salaire net

MPC

% de la MPC

SFR

% du SFR

Personne seule apte au travail

12 533 $

11 221 $

112 %

15 172 $

83 %

Personne seule handicapée

13 641 $

11 221 $

122 %

15 172 $

90 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

20 812 $

15 709 $

132 %

18 513 $

112 %

Couple, deux enfants

28 393 $

22 441 $

127 %

29 163 $

97 %


Comme l'illustre le tableau ci-dessus, la personne seule apte au travail qui travaillait à temps plein au salaire minimum ne gagnait que 112 p. cent de la MPC et 83 p. cent du SFR. La personne seule handicapée touchait 122 p. cent de la MPC et 90 p. cent du SFR. Le seul type de famille qui touchait un revenu supérieur aux deux seuils de pauvreté était formé d'un chef de famille monoparentale et d'un enfant. Son revenu comptait pour 132 p. cent de la MPC et pour 112 p. cent du SFR. Quant au revenu du couple avec deux enfants, il correspondait à 127 p. cent de la MPC et à 97 p. cent du SFR.

Dans le cas des familles dont le revenu était supérieur au seuil de pauvreté, la différence était minime. Les gens dont le revenu compte pour 125 p. cent du seuil de pauvreté sont considérés comme « presque pauvres », puisque leur revenu, bien que supérieur au seuil de la pauvreté, est tout de même très faible. Les membres de ce groupe courent un risque très élevé d'éprouver de graves difficultés lorsque survient une crise, quelle qu'elle soit. Une réduction des heures de travail, la maladie d'un enfant, un problème avec le véhicule familial et même une brève maladie peuvent précipiter les « presque pauvres » dans la pauvreté.

La portion du revenu que chaque type de famille doit consacrer au loyer moyen était plus raisonnable dans le cas des travailleurs touchant le salaire minimum que dans celui des personnes recevant du bien-être social. Le Conseil a effectué les calculs en se fondant sur les revenus nets. Les travailleurs seuls et handicapés consacraient 44 p. cent et 40 p. cent respectivement de leur revenu net au loyer. Le chef de famille monoparentale avec un enfant dépensait environ 29 p. cent de son revenu pour payer son loyer. Quant au couple avec deux enfants, son loyer correspondait à environ 27 p. cent de son revenu. La personne seule apte au travail et la personne seule handicapée étaient les deux seuls types de famille qui consacraient plus du pourcentage recommandé de 30 p. cent du revenu à leur loyer.


FAIBLE SALAIRE

QUÉBEC, FAIBLES SALAIRES, 2000

 

Salaire brut

Salaire net

% de différence

Personne seule apte au travail

20 800 $

16 386 $

-21,2 %

Personne seule handicapée

20 800 $

17 118 $

-17,7 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

20 800 $

22 771 $

9,5 %

Couple, deux enfants

41 600 $

34 187 $

-17,8 %

En 2000, le salaire brut du travailleur touchant un faible salaire, ou un salaire horaire de 10 $, était considérablement plus élevé que le salaire minimum. Les revenus bruts figurent dans la deuxième colonne du tableau ci-dessus. Une personne seule qui travaillait à temps plein, soit 40 heures par semaine et 50 semaines par année, touchait 20 800 $. Il s'agit là du salaire brut de la personne seule apte au travail, de la personne seule handicapée et du chef de famille monoparentale avec un enfant âgé de deux ans. Le salaire brut d'un couple avec deux enfants âgés de 10 et de 15 ans s'élevait à 41 600 $. Tous ces salaires comprenaient une paie de vacances obligatoire de 4 p. cent.

La deuxième colonne à partir de la droite illustre le salaire net. Ce dernier s'élevait à 16 386 $ dans le cas d'une personne seule apte au travail. En raison d'un régime fiscal différent, le travailleur seul handicapé touchait un salaire net légèrement plus élevé de 17 118 $. Le revenu du chef de famille monoparentale avec un enfant s'élevait pour sa part à 22 771 $. Quant au couple avec deux enfants, il touchait un salaire net de 34 187 $. Dans le cas du seule apte au travail, de la personne seule handicapée et du couple, le salaire net était d'environ 20 p. cent moins élevé que le revenu. Par contre, le salaire net du chef de famille monoparentale était supérieur de 9,5 p. cent au revenu.

Le revenu net était différent du salaire brut en raison des déductions et des prestations. Les cotisations au Régime des rentes du Québec (RRQ) et à l'assurance-emploi (AE) ont été déduites du revenu de chaque travailleur. Nous avons aussi soustrait les impôts sur le revenu fédéraux et provinciaux payés par chaque travailleur. Chaque type de famille payait des impôts sur le revenu fédéraux et provinciaux.

Le travailler seul apte au travail et le travailler seul handicapé recevaient tous deux des crédits pour TPS et TVQ. Le chef de famille monoparentale avec un enfant recevait des crédits pour TPS et TVQ, la Prestation fiscale canadienne pour enfants et son supplément, ainsi que l'allocation familiale du Québec. Quant au couple avec deux enfants, il avait droit au crédit d'impôt pour TPS et TVQ, à la Prestation fiscale canadienne pour enfants et à son supplément, ainsi qu'à l'allocation familiale du Québec.

QUÉBEC, POURCENTAGE DE FAIBLE SALAIRE PAR RAPPORT AUX SEUILS DE PAUVRETÉ, 2000

 

Salaire net

MPC

% de la MPC

SFR

% du SFR

Personne seule apte au travail

16 386 $

11 221 $

146 %

15 172 $

108 %

Personne seule handicapée

17 118 $

11 221 $

153 %

15 172 $

113 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

22 771 $

15 709 $

145 %

18 513 $

123 %

Couple, deux enfants

34 187 $

22 441 $

152 %

29 163 $

117 %


Le tableau ci-dessus illustre le pourcentage du revenu de chaque type de famille par rapport au seuil de la pauvreté. Dans tous les cas, le revenu des travailleurs à faible salaire était plus élevé que les deux seuils de pauvreté. Cependant, tous les types de famille gagnaient moins de 125 p. cent du SFR, se classant ainsi dans la catégorie des « presque pauvres » selon le SFR. Lorsqu'on utilise la MPC, on constate que ces travailleurs et leur famille échappent de peu à la catégorie des « presque pauvres », mais qu'ils vivent tout de même de façon très modeste.

Le travailler seul apte au travail recevait 146 p. cent de la MPC et 108 p. cent du SFR, et le travailler seul handicapé, 153 p. cent de la MPC et 113 p. cent du SFR. Le revenu du chef de famille monoparentale avec un enfant comptait pour 145 p. cent de la MPC et pour 123 p. cent du SFR, et celui du couple avec deux enfants, pour 152 p. cent de la MPC, et pour 117 p. cent du SFR.

Trois des quatre types de famille qui touchaient un faible salaire consacraient près du pourcentage de 30 p. cent recommandé de leur revenu à leur loyer. En utilisant les montants de revenu net et les mêmes loyers que pour les autres types de revenu, nous avons constaté que les travailleurs seuls et handicapés consacraient chacun environ 33 p. cent de leur revenu à leur loyer. Dans le cas du chef de famille monoparentale avec un enfant et du couple avec deux enfants, le loyer correspondait à environ 27 p. cent et à 22 p. cent, respectivement, de leur revenu.

Au Québec, le chef de famille monoparentale touchant le salaire minimum gagnait un revenu net semblable à celui du chef de famille monoparentale touchant un faible salaire, principalement en raison du montant élevé de prestations provinciales qu'il recevait. Le chef de famille monoparentale avec un enfant touchant le salaire minimum touchait un revenu net de 20 812 $, et le chef de famille monoparentale à faible salaire, 22 771 $. Les prestations diminuaient de façon draconienne lorsque le salaire augmentait légèrement. Par exemple, un chef de famille monoparentale touchant le salaire minimum recevait des allocations familiales de 1 675 $. Le même parent à faible salaire ne recevait que 110 $. Contrairement à ce dernier, le parent touchant le salaire minimum recevait des prestations dans le cadre du Programme Allocation-logement et du programme d'aide aux parents pour leurs revenus de travail.


SALAIRE MOYEN

QUÉBEC, SALAIRE MOYEN, 2000

 

Salaire brut

Salaire net

% de différence

Personne seule apte au travail

28 865 $

20 385 $

-29,4 %

Personne seule handicapée

28 865 $

21 529 $

-25,4 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

28 519 $

26 821 $

-6,0 %

Couple, deux enfants

60 532 $

42 466 $

-29,8 %

Les salaires moyens que gagnaient les travailleurs du Québec en 2000 figurent dans la deuxième colonne du tableau ci-dessus. Ces moyennes sont fondées sur les données de l'Enquête sur la dynamique du travail et du revenu de Statistique Canada. Dans le cas de la personne seule apte au travail et de la personne seule handicapée, nous avons utilisé les revenus moyens des personnes seules âgées de moins de 65 ans. Dans le cas du chef de famille monoparentale, nous avons utilisé le salaire moyen des chefs de famille monoparentale âgés de moins de 65 ans qui ont des enfants de moins de 18 ans. En ce qui concerne la famille composée de deux parents, nous avons eu recours au revenu moyen des couples de moins de 65 ans qui ont des enfants âgés de moins de 18 ans.

Tandis que les personnes seules gagnaient en moyenne 28 865 $, les chefs de famille monoparentale touchaient un revenu légèrement inférieur à 28 519 $. Nous ne pouvons expliquer avec certitude cette différence de revenu entre les personnes seules avec et sans enfants. Cependant, elle est vraisemblablement attribuable aux liens avec le marché du travail et à la disponibilité pour le travail. En 2000, le salaire moyen des couples québécois avec enfants s'élevait à 60 532 $.

La colonne du milieu illustre le salaire net. Dans le cas de la personne seule apte au travail, il s'élevait à 20 385 $. La personne seule handicapée touchait un salaire net légèrement plus élevé de 21 529 $. En ce qui concerne le chef de famille monoparentale, son salaire net était même plus élevé puisqu'il s'établissait à 26 821 $. Quant au couple avec deux enfants, il touchait un salaire net de 42 466 $. Pour la personne seule apte au travail et le couple avec enfants, le salaire net correspondait à une réduction d'environ 30 p. cent du revenu. Quant au travailleur seul handicapé et au chef de famille monoparentale avec un enfant, cette réduction correspondait à 25 p. cent et à 6 p. cent, respectivement, du revenu.

Le Conseil a calculé ce montant à l'aide des salaires moyens de chaque type de famille, desquels on a soustrait les déductions. Chaque type de famille versait des cotisations au RRQ et à l'AE et payait des impôts sur le revenu fédéraux et provinciaux. La personne seule apte au travail et la personne seule handicapée recevaient des crédits pour TPS et TVQ. Pour sa part, le chef de famille monoparentale avec un enfant recevait le remboursement de TPS/TVQ, la Prestation fiscale canadienne pour enfants et son supplément, ainsi que l'allocation familiale du Québec. Quant au couple avec deux enfants, il recevait seulement la Prestation fiscale canadienne pour enfants.

QUÉBEC, POURCENTAGE DU SALAIRE MOYEN PAR RAPPORT AUX SEUILS DE PAUVRETÉ, 2000

 

Salaire net

MPC

% de la MPC

SFR

% du SFR

Personne seule apte au travail

20 385 $

11 221 $

182 %

15 172 $

134 %

Personne seule handicapée

21 529 $

11 221 $

192 %

15 172 $

142 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

26 821 $

15 709 $

171 %

18 513 $

145 %

Couple, deux enfants

42 466 $

22 441 $

189 %

29 163 $

146 %

Comme l'illustre le tableau ci-dessus, chaque type de famille touchant un salaire moyen recevait un revenu bien supérieur aux deux seuils de pauvreté. La personne seule apte au travail touchait 182 p. cent de la MPC et 134 p. cent du SFR. La personne seule handicapée recevait 192 p. cent de la MPC, et 142 p. cent du SFR, et le chef de famille monoparentale avec un enfant, 171 p. cent de la MPC et 145 p. cent du SFR. Quant au couple avec deux enfants, son revenu comptait pour 189 p. cent de la MPC, et pour 146 p. cent du SFR.

Chaque type de famille consacrait un montant bien inférieur au pourcentage recommandé de 30 p. cent de son revenu au loyer moyen. La personne seule apte au travail et la personne seule handicapée consacraient chacune environ 25 p. cent de leur revenu au loyer. En ce qui concerne le chef de famille monoparentale avec un enfant et le couple avec deux enfants, leur loyer correspondait à près de 23 p. cent et à environ 18 p. cent, respectivement, de leur revenu.

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QUELLE EST LA SITUATION EN ONTARIO ?


AIDE SOCIALE

ONTARIO, REVENU D'AIDE SOCIALE TOTAL, 2000

Personne seule apte au travail

6 825 $

Personne seule handicapée

11 761 $

Chef de famille monoparentale, un enfant

13 758 $

Couple, deux enfants

18 214 $

Les revenus d'aide sociale des quatre types de famille figurent dans le tableau ci-dessus. Pour effectuer ces calculs, nous avons présumé que chaque type de famille vivait dans la plus grande ville de l'Ontario, Toronto. En 2000, une personne seule apte au travail recevant de l'aide sociale touchait 6 825 $. Le revenu d'une personne seule handicapée était beaucoup plus élevé, puisqu'il s'établissait à 11 761 $. Un chef de famille monoparentale avec un enfant âgé de deux ans touchait 13 758 $, et un couple avec deux enfants âgés de 10 et de 15 ans, 18 214 $.

ONTARIO, POURCENTAGE D'AIDE SOCIALE PAR RAPPORT AUX SEUILS DE PAUVRETÉ, 2000

 

Salaire net

MPC

% de la MPC

SFR

% du SFR

Personne seule apte au travail

6 825 $

13 672 $

50 %

15 172 $

45 %

Personne seule handicapée

11 761 $

13 672 $

86 %

15 172 $

78 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

13 758 $

19 140 $

72 %

18 513 $

74 %

Couple, deux enfants

18 214 $

27 343 $

67 %

29 163 $

62 %

Le tableau ci-dessus illustre le pourcentage de revenu que touche chaque type de famille par rapport aux seuils de pauvreté. Aucun de ces types de famille ne touchait un revenu équivalent, même de près, aux seuils de pauvreté. Les personnes seules aptes au travail étaient les plus durement touchées. En Ontario, comme dans le cas des prestataires d'aide sociale du Québec, les personnes seules aptes au travail sont celles qui touchent de loin les revenus les moins adéquats, peu importe le seuil de pauvreté retenu. Ces personnes ne touchaient qu'un peu plus de 50 p. cent de la MPC et 45 p. cent du SFR. Le revenu de la personne seule handicapée était beaucoup plus près des seuils de pauvreté, s'élevant à 86 p. cent de la MPC et à 78 p. cent du SFR. Le chef de famille monoparentale avec un enfant touchait 72 p. cent de la MPC et 74 p. cent du SFR, et le couple avec deux enfants, 67 p. cent de la MPC et seulement 62 p. cent du SFR.

Les loyers à Toronto sont parmi les plus élevés au pays. En 2000, les loyers mensuels moyens étaient les suivants : 830 $ par mois pour un logement muni d'une chambre; 979 $ par mois pour un logement muni de deux chambres et 1 165 $ par mois pour un logement de trois chambres. En raison de ces taux élevés, de nombreuses personnes touchant de l'aide sociale ne pouvaient pratiquement pas se permettre de louer un logement à prix moyen.

Une personne seule habitant un logement muni d'une chambre avait besoin de 9 960 $ pour payer le loyer sur une période d'un an. Comme une personne considérée apte au travail par les agents d'aide sociale ne touchait que 6 825 $, elle ne pouvait tout simplement pas louer un logement à prix moyen. La personne seule handicapée qui recevait de l'aide sociale et qui vivait dans un logement d'une chambre consacrait 85 p. cent de son revenu au loyer. Le chef de famille monoparentale avec un enfant qui habitait un logement muni de deux chambres consacrait près de 85 p. cent de son revenu au loyer. Quant au couple avec deux enfants vivant dans un logement de trois chambres, son loyer correspondait à 77 p. cent du revenu familial.

Chaque type de famille touchant un revenu d'aide sociale consacrait beaucoup plus que 30 p. cent de son revenu au loyer. La personne seule apte au travail n'avait tout simplement pas les moyens de louer seule un logement. Après avoir payé leur loyer, ces familles devaient sans contredit réduire d'autres importantes dépenses, comme celles associées à la nourriture, aux vêtements et aux soins médicaux.


SALAIRE MINIMUM

ONTARIO, SALAIRE MINIMUM, 2000

 

Salaire brut

Salaire net

% de différence

Personne seule apte au travail

14 248 $

12 518 $

-12,1 %

Personne seule handicapée

14 248 $

13 676 $

-4,0 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

14 248 $

17 536 $

23,1 %

Couple, deux enfants

28 496 $

27 237 $

-4,4 %

En Ontario, le salaire minimum s'est maintenu à 6,85 $ l'heure jusqu'à ce qu'il soit finalement augmenté pour passer à 7,15 $ l'heure en février 2004. Les revenus bruts des travailleurs touchant le salaire minimum figurent dans la deuxième colonne du tableau ci-dessus. Une personne seule qui travaille à temps plein, soit 40 heures par semaine et 50 semaines par année, ne recevait que 14 248 $. Il s'agit là du salaire brut de la personne seule apte au travail, de la personne seule handicapée et du chef de famille monoparentale avec un enfant âgé de deux ans. Un couple avec deux enfants âgés de 10 et de 15 ans touchait 28 496 $. Tous ces salaires comprenaient une paie de vacances obligatoire de 4 p. cent.

Dans le même tableau, la deuxième colonne à partir de la droite illustre le salaire net. Une personne seule apte au travail touchait un salaire net de 12 518 $, les retenues salariales comptant pour 12,1 p. cent de son salaire, ce qui représente une réduction de près de 2 000 $. Le salaire net d'une personne seule handicapée s'élevait à 13 676 $, et ses retenues salariales, à 4 p. cent. Malgré un salaire identique, les personnes handicapées paient moins d'impôt sur le revenu, touchant ainsi un revenu disponible un peu plus élevé. Un chef de famille monoparentale avec un enfant gagnait un revenu net de 17 536 $, ce qui représente 23,1 p. cent de plus que son salaire en raison des crédits d'impôt et autres avantages dont bénéficient les parents. Un couple avec deux enfants avait un revenu net de 27 237 $, soit 4,4 p. cent de moins que les salaires combinés.

Le revenu net était différent du revenu brut en raison des retenues salariales, ainsi que des avantages et prestations. Chaque travailleur cotisait au Régime de pensions du Canada (RPC) et à l'assurance-emploi (AE). Chaque famille payait des impôts sur le revenu fédéraux et provinciaux, à l'exception du chef de famille monoparentale, qui, après avoir demandé la déduction pour les frais de garde, touchait un revenu net trop faible pour payer des impôts sur le revenu. Chaque type de famille recevait un crédit pour TPS. Le chef de famille monoparentale avec un enfant et le couple avec deux enfants recevaient chacun la Prestation fiscale canadienne pour enfants et son supplément. Le chef de famille monoparentale avait aussi droit au Supplément de revenu de l'Ontario pour les familles travailleuses ayant des frais de garde d'enfants.

ONTARIO, POURCENTAGE DU SALAIRE MINIMUM PAR RAPPORT AUX SEUILS DE PAUVRETÉ, 2000

 

Salaire net

MPC

% de la MPC

SFR

% du SFR

Personne seule apte au travail

12 518 $

13 672 $

92 %

15 172 $

83 %

Personne seule handicapée

13 676 $

13 672 $

100 %

15 172 $

90 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

17 536 $

19 140 $

92 %

18 513 $

95 %

Couple, deux enfants

27 237 $

27 343 $

100 %

29 163 $

93 %

Dans la plupart des cas, le salaire net des travailleurs touchant le salaire minimum n'était tout simplement pas suffisant pour être supérieur aux seuils de pauvreté. Le tableau ci-dessus montre que la personne seule apte au travail ne touchait que 92 p. cent de la MPC et 83 p. cent du SFR. Le revenu de la personne seule handicapée correspondait au seuil de la MPC et à 90 p. cent du SFR. Le chef de famille monoparentale avec un enfant touchait 92 p. cent de la MPC et 95 p. cent du SFR. Quant au couple avec deux enfants, son revenu correspondait à la MPC et à 93 p. cent du SFR. Toutes ces familles étaient pauvres même si les adultes travaillaient à temps plein durant toute l'année.

En raison des loyers élevés de Toronto, le coût de la vie cause du stress même chez les personnes qui travaillent toute l'année. Le pourcentage du revenu consacré au loyer est fondé sur le revenu net. La personne seule apte au travail et la personne seule handicapée auraient consacré 80 p. cent et 73 p. cent respectivement de leur revenu au loyer pour vivre dans un logement moyen muni d'une chambre. Le loyer du chef de famille monoparentale avec un enfant était un peu moins élevé, correspondant à 67 p. cent du revenu. Quant au couple avec deux enfants, il payait le pourcentage le moins élevé, mais consacrait tout de même un peu plus de 50 p. cent de son revenu au loyer.

Trois de ces types de famille ont consacré le double du pourcentage recommandé de 30 p. cent du revenu au loyer. La situation financière du chef de famille monoparentale était beaucoup plus difficile, puisque ses frais de garde représentaient près de 42 p. cent de son revenu net. Ce parent n'avait tout simplement pas les moyens de payer à la fois un loyer et des frais de garde en touchant le salaire minimum. Cette situation décourage les parents de faire leur entrée sur le marché du travail au salaire minimum.

Pour la personne seule handicapée qui voulait faire la transition de l'aide sociale vers le marché du travail au salaire minimum, l'incitatif financier est très peu élevé. Une personne handicapée recevant de l'aide sociale touchait 11 761 $. Un travail à temps plein au salaire minimum ne procurait à cette personne que 1 914 $ de plus par année. Dans de nombreux cas, en quittant l'aide sociale pour travailler au salaire minimum, une personne n'a plus droit à des prestations médicales et à d'autres avantages.


FAIBLE SALAIRE

ONTARIO, FAIBLE SALAIRE, 2000

 

Salaire brut

Salaire net

% de différence

Personne seule apte au travail

20 800 $

17 067 $

-17,9 %

Personne seule handicapée

20 800 $

18 071 $

-13,1 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

20 800 $

22 591 $

8,6 %

Couple, deux enfants

41 600 $

35 484 $

-14,7 %

Les salaires bruts des travailleurs qui touchent un faible salaire ou un salaire horaire de 10 $ figurent dans la deuxième colonne du tableau ci-dessus. Avec un salaire horaire de 10 $, les trois types de familles composées d'un seul adulte qui travaillent à temps plein gagnaient 20 800 $. Quant au couple avec deux enfants, il gagnait le double de ce montant, soit 41 600 $.

La personne seule apte au travail gagnait un salaire net de 17 067 $. En raison du régime fiscal, la personne seule handicapée touchait un salaire net légèrement plus élevé de 18 071 $. Le chef de famille monoparentale avec un enfant de deux ans gagnait 22 591 $ nets, et le couple avec deux enfants de 10 et 15 ans touchait le salaire net le plus élevé, soit 35 484 $. En ce qui concerne la personne seule apte au travail, la personne seule handicapée et la famille formée de deux adultes et de deux enfants, le salaire net était d'environ 15 p. cent moins élevé que le revenu. Cependant, le chef de famille monoparentale touchait un salaire net de 8,6 p. cent plus élevé que le revenu.

Le salaire net était différent du salaire brut en raison des retenues et des avantages. Tous les travailleurs cotisaient au RPC et à l'AE. Chaque type de famille payait des impôts sur le revenu fédéraux et provinciaux et était admissible à un crédit pour TPS. Le chef de famille monoparentale avec un enfant recevait la Prestation fiscale canadienne pour enfants et son supplément, ainsi que le Supplément de revenu de l'Ontario pour les familles travailleuses ayant des frais de garde d'enfants. Le couple avec deux enfants avait aussi droit à la Prestation fiscale canadienne pour enfants, mais non à son supplément.

ONTARIO, POURCENTAGE DU FAIBLE SALAIRE PAR RAPPORT AUX SEUILS DE PAUVRETÉ, 2000

 

Salaire net

MPC

% de la MPC

SFR

% du SFR

Personne seule apte au travail

17 067 $

13 672 $

125 %

15 172 $

112 %

Personne seule handicapée

18 071 $

13 672 $

132 %

15 172 $

119 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

22 591 $

19 140 $

118 %

18 513 $

122 %

Couple, deux enfants

35 484 $

27 343 $

130 %

29 163 $

122 %

Le tableau ci-dessus illustre le pourcentage du faible revenu que touche chaque type de fa- mille par rapport aux seuils de pauvreté. Dans tous les cas, les emplois à temps plein peu rémunérés permettaient à tous les travailleurs et à leur famille de se hisser au-dessus des seuils de pauvreté. Cependant, la plupart des travailleurs à faible revenu et leur famille se trouvaient dans une situation précaire. La personne seule apte au travail, par exemple, était « presque pauvre », son salaire comptant pour 125 p. cent de la MPC et pour 112 p. cent du SFR. La personne seule handicapée gagnait 132 p. cent de la MPC, mais se classait dans la catégorie des « presque pauvres » puisque son salaire correspondait à 119 p. cent du SFR. Le chef de famille monoparentale avec un enfant fait aussi partie des « presque pauvres », quelle que soit la mesure retenue : 118 p. cent de la MPC et 122 p. cent du SFR. En ce qui concerne le couple avec deux enfants, il gagnait 130 p. cent de la MPC, mais se classait dans la catégorie des « presque pauvres », son revenu correspondant à 122 p. cent du SFR.

Les quatre types de famille consacraient plus que le pourcentage recommandé de 30 p. cent de leur revenu au loyer lorsqu'ils vivaient dans un logement locatif à prix moyen. En utilisant les mêmes revenus nets et les mêmes loyers, nous avons constaté que la personne seule apte au travail consacrait près de 60 p. cent de son revenu net au loyer, et la personne seule handicapée, près de 55 p. cent. Le loyer du chef de famille monoparentale avec un enfant était un peu moins élevé, comptant pour 52 p. cent du revenu net. Quant au couple avec deux enfants, il dépensait le montant le moins élevé, près de 40 p. cent du revenu net de la famille étant consacré au loyer.

Les frais de garde comptaient pour près de 33 p. cent du revenu net du chef de famille monoparentale. Ainsi, le loyer et les frais de garde correspondaient à près de 85 p. cent du revenu de cette famille. Cette dernière pouvait payer le loyer et assumer les frais de garde, mais il ne lui restait que 15 p. cent du revenu familial ou près de 3 400 $ pour d'autres dépenses comme celles associées à la nourriture, aux vêtements, au transport et aux articles ménagers. Selon la MPC, ce ménage avait besoin de 11 160 $ pour couvrir le coût de ces articles de base. La question que ces familles doivent se poser est la suivante : de quels produits de première nécessité qui composent le panier de consommation doivent-ils se passer?


SALAIRE MOYEN

ONTARIO, SALAIRE MOYEN, 2000

 

Salaire brut

Salaire net

% de la différence

Personne seule apte au travail

35 027 $

25 738 $

-26,5 %

Personne seule handicapée

35 027 $

26 713 $

-23,7 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

33 573 $

29 370 $

-12,5 %

Couple, deux enfants

74 645 $

54 230 $

-27,3 %

Les salaires moyens figurent dans la deuxième colonne du tableau ci-dessus. Il s'agit de moyennes fondées sur les données de l'Enquête sur la dynamique du travail et du revenu de Statistique Canada. En ce qui concerne la personne seule apte au travail et la personne seule handicapée, nous avons utilisé les revenus moyens des personnes seules âgées de moins de 65 ans. Dans le cas du chef de famille monoparentale, nous avons utilisé le revenu moyen des chefs de famille monoparentale âgés de moins de 65 ans qui ont des enfants de moins de 18 ans. Dans le cas de la famille formée de deux adultes et de deux enfants, nous nous sommes fondés sur les revenus moyens des couples âgés de moins de 65 ans qui ont des enfants de moins de 18 ans.

En 2000, les salaires moyens de l'Ontario étaient les plus élevés des quatre provinces qui font l'objet de la présente étude. Les personnes seules âgées de moins de 65 ans en Ontario gagnaient en moyenne 35 027 $. Les chefs de famille monoparentale touchaient un salaire brut moyen, moins élevé, de 33 573 $. Quant aux familles composées de deux adultes, elles gagnaient en moyenne 74 645 $.

La deuxième colonne à partir de la droite illustre le salaire net. Une personne seule apte au travail touchait un salaire net de 25 738 $. Une personne seule handicapée gagnait un salaire net légèrement plus élevé, soit de 26 713 $. Le salaire net du chef de famille monoparentale avec un enfant s'élevait à 29 370 $, et celui du couple avec deux enfants, à 54 230 $. En ce qui concerne la personne seule apte au travail, la personne seule handicapée et le couple avec deux enfants, les retenues salariales représentaient environ 25 p. cent du salaire. Dans le cas du chef de famille monoparentale avec un enfant, les retenues comptaient pour près de 12,5 p. cent.

Les revenus nets étaient différents en raison des retenues, ainsi que des prestations et avantages. Chaque type de famille versait une cotisation au RPC et à l'AE et payaient des impôts sur le revenu fédéraux et provinciaux. La personne seule apte au travail et la personne seule handicapée n'étaient pas admissibles à un crédit pour TPS et, par conséquent, ne recevaient aucune prestation.

Le chef de famille monoparentale avec un enfant qui touchait un salaire moyen recevait la Prestation fiscale canadienne pour enfants, mais n'a commencé à percevoir le Supplément de la prestation nationale pour enfants qu'en juillet 2000, lorsque les taux d'impôt ont été modifiés. Il recevait aussi un crédit pour TPS et le Supplément de revenu de l'Ontario pour les familles travailleuses ayant des frais de garde d'enfants. Le couple avec deux enfants recevait certaines prestations fiscales canadiennes pour enfants en juillet 2000 lorsque les taux ont été modifiés, mais il n'était pas admissible au Supplément ni à un crédit pour TPS.

ONTARIO, POURCENTAGE DU SALAIRE MOYEN PAR RAPPORT AUX SEUILS DE PAUVRETÉ, 2000

 

Salaire net

MPC

% de la MPC

SFR

% du SFR

Personne seule apte au travail

25 738 $

13 672 $

188 %

15 172 $

170 %

Personne seule handicapée

26 713 $

13 672 $

195 %

15 172 $

176 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

29 370 $

19 140 $

153 %

18 513 $

159 %

Couple, deux enfants

54 230 $

27 343 $

198 %

29 163 $

186 %

Lorsque les familles touchaient un salaire moyen, elles gagnaient un revenu considérablement plus élevé que la MPC ou le SFR. Le tableau ci-dessus révèle que la personne seule apte au travail gagnait 188 p. cent de la MPC et 170 p. cent du SFR. La personne seule handicapée gagnait 195 p. cent de la MPC et 176 p. cent du SFR. Le revenu du chef de famille monoparentale correspondait à 153 p. cent de la MPC et à 159 p. cent du SFR. Quant au couple avec deux enfants, il gagnait près du double du seuil de pauvreté (198 p. cent de la MPC et 186 p. cent du SFR).

Les loyers de Toronto constituent un obstacle même pour la personne seule apte au travail, la personne seule handicapée et le chef de famille monoparentale avec un enfant qui gagnent un salaire moyen. Les personnes seules et les familles monoparentales devaient consacrer chacunes près de 40 p. cent de leur revenu net au loyer si elles voulaient habiter un logement de location à prix moyen. La personne seule handicapée consacrait 37 p. cent de son revenu au loyer. Le seul type de famille qui dépensait moins que le pourcentage recommandé de 30 p. cent de son revenu pour payer son loyer était le couple avec deux enfants. Près de 26 p. cent du revenu net de cette famille servait à payer le loyer.

Le chef de famille monoparentale avec un enfant consacrait un pourcentage supplémentaire de 25 p. cent de son revenu net aux frais de garde. Ces frais combinés au loyer absorbaient 65 p. cent du revenu de cette famille, dont une maigre tranche de 35 p. cent était consacrée aux autres dépenses. Ce dernier pourcentage correspond à environ 10 000 $, soit moins que les 11 160 $ que les chercheurs de la MPC considèrent comme le coût des autres besoins fondamentaux. Même avec un salaire moyen, les chefs de famille monoparentale de Toronto éprouvaient des difficultés à joindre les deux bouts.

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QUELLE EST LA SITUATION EN ALBERTA ?



AIDE SOCIALE

ALBERTA, REVENU D'AIDE SOCIALE TOTAL, 2000

Personne seule apte au travail

5 026 $

Personne seule handicapée

7 587 $

Chef de famille monoparentale, un enfant

11 527 $

Couple, deux enfants

18 268 $

Le revenu d'aide sociale des quatre types de famille figure dans le tableau ci-dessus. En effectuant nos calculs, nous avons présumé que chaque type de famille vit à Calgary, la plus grande ville de l'Alberta. En 2000, une personne seule apte au travail qui recevait de l'aide sociale pendant toute l'année, touchait 5 026 $. Une personne seule handicapée recevait un montant, légèrement plus élevé, de 7 587 $. Le chef de famille monoparentale avec un enfant âgé de deux ans ne recevait que 11 527 $, et un couple avec deux enfants âgés de 10 et de 15 ans, 18 268 $.

ALBERTA, POURCENTAGE DU REVENU D'AIDE SOCIALE PAR RAPPORT AUX SEUILS DE PAUVRETÉ, 2000

 

Salaire net

MPC

 % de la MPC

SFR

% du SFR

Personne seule apte au travail

5 026 $

12 090 $

42 %

15 172 $

33 %

Personne seule handicapée

7 587 $

12 090 $

63 %

15 172 $

50 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

11 527 $

16 929 $

68 %

18 513 $

62 %

Couple, deux enfants

18 268 $

24 180 $

76 %

29 163 $

63 %

Le tableau ci-dessus illustre le pourcentage du revenu d'aide sociale que recevait chaque type de famille par rapport à la MPC et au SFR. On peut constater qu'aucun des revenus de ces types de famille ne se situait près des seuils de pauvreté. Comme dans les autres provinces, les personnes seules aptes au travail sont de loin celles qui touchent le revenu le moins adéquat, peu importe le seuil de pauvreté utilisé : 42 p. cent de la MPC et seulement 33 p. cent du SFR. La personne seule handicapée recevait un pourcentage beaucoup plus élevé de 63 p. cent de la MPC et de 50 p. cent du SFR, mais ce revenu était tout de même outrageusement inadéquat. Le chef de famille monoparentale avec un enfant recevait 68 p. cent de la MPC et 62 p. cent du SFR, et le couple avec deux enfants, 76 p. cent de la MPC et 63 p. cent du SFR.

En raison de ces revenus de bien-être social très peu élevés, chaque type de famille devait consacrer une partie importante de son revenu au loyer. En 2000, à Calgary, les loyers moyens s'élevaient à 611 $ par mois pour un logement d'une chambre, à 740 $ par mois pour un logement muni de deux chambres et à 713 $ par mois pour un logement de trois chambres.

On peut donc dire que le loyer d'un logement moyen d'une chambre était tout à fait inabordable. Une personne seule apte au travail n'avait tout simplement pas les moyens de vivre dans un logement moyen d'une chambre dont le loyer s'élève à 7 332 $ par année, puisqu'elle ne reçoit que 5 026 $ pour toutes ses dépenses, soit 2 306 $ de moins que le montant du loyer.

La personne seule handicapée avait besoin de près de 97 p. cent de son revenu total d'aide sociale pour payer le loyer du même logement muni d'une chambre. Ce type de logement lui est donc inaccessible. Le chef de famille monoparentale avec un enfant devait consacrer 77 p. cent de son revenu d'aide sociale au loyer d'un logement muni de deux chambres. C'est le couple avec deux enfants qui se trouvait dans la situation la moins précaire à cet égard, même si son loyer correspondait à 47 p. cent de son revenu pour un logement muni de trois chambres. Dans tous les cas, les logements à prix moyens étaient tout simplement inaccessibles.

Pour les quatre types de famille, le coût d'un logement moyen était tout à fait inabordable puisqu'il devrait représenter 30 p. cent du revenu d'un ménage. Quiconque touchait de l'aide sociale devait réduire d'autres dépenses importantes et accepter de vivre dans un logement insalubre.


SALAIRE MINIMUM

ALBERTA, SALAIRE MINIMUM, 2000

 

Salaire brut

Salaire net

% de la différence

Personne seule apte au travail

12 272 $

11 026 $

-10,2 %

Personne seule handicapée

12 272 $

11 894 $

-3,1 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

12 272 $

13 937 $

13,6 %

Couple, deux enfants

24 544 $

26 599 $

8,4 %

Tout au long de l'année 2000, le salaire minimum en Alberta était de 5,90 $ l'heure, soit le taux le plus bas du pays. Les revenus bruts figurent dans la deuxième colonne du tableau ci-dessus. Une personne qui travaillait à temps plein, soit 40 heures par semaine et 50 semaines par année, et qui touchait ce salaire recevait un revenu brut de 12 272 $. Il s'agit là du salaire brut de la personne seule apte au travail, de la personne seule handicapée et du chef de famille monoparentale avec un enfant âgé de deux ans. Le couple avec deux enfant âgés de 10 et de 15 ans gagnait exactement le double de ce montant : 24 544 $. Ces salaires bruts comprennent une paie de vacances obligatoire de 4 p. cent.

Dans le même tableau ci-dessus, la deuxième colonne à partir de la droite illustre le salaire net. Une personne seule apte au travail gagnait un salaire net de 11 026 $, les retenues s'élevant à 10,2 p. cent du salaire. Un travailleur seul handicapé touchait un salaire net, un peu plus élevé, de 11 894 $, les retenues salariales correspondant à seulement 3,1 p. cent. Comme les personnes handicapées payaient moins d'impôt sur le revenu, leurs retenues salariales étaient moins élevées que celles de la personne seule apte au travail. Un chef de famille monoparentale avec un enfant recevait un revenu net de 13 937 $, soit 13,6 p. cent de plus que son seul salaire en raison des crédits d'impôt et des prestations versées aux parents. Quant au couple avec deux enfants, son revenu net s'élevait à 26 599 $, soit 8,4 p. cent de plus que ses salaires combinés en raison des crédits d'impôt et des prestations versées aux parents.

Le salaire brut d'un travailleur est différent de son salaire net en raison des diverses déductions et prestations. Chaque travailleur versait une cotisation au Régime de pensions du Canada (RPC) et à l'assurance-emploi (AE). Les types de famille ne recevaient pas tous un revenu suffisamment élevé pour payer des impôts sur le revenu fédéraux et provinciaux. La personne seule handicapée et le chef de famille monoparentale avec un enfant ne payaient pas d'impôts puisque, après avoir réclamé, dans le premier cas, un crédit d'impôt pour personnes handicapées et, dans le deuxième cas, le remboursement des frais de garde, ils recevaient un revenu net trop faible pour payer des impôts. Chaque type de famille recevait un crédit pour TPS. Les deux familles avec enfants avaient droit à la Prestation fiscale canadienne pour enfants et à son supplément, de même qu'au crédit d'impôt à l'emploi familial de l'Alberta.

ALBERTA, POURCENTAGE DU SALAIRE MINIMUM PAR RAPPORT AUX SEUILS DE PAUVRETÉ, 2000

 

Salaire net

MPC

 % de la MPC

SFR

 % du SFR

Personne seule apte au travail

11 026 $

12 090 $

91 %

15 172 $

73 %

Personne seule handicapée

11 984 $

12 090 $

98 %

15 172 $

78 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

13 937 $

16 929 $

82 %

18 513 $

75 %

Couple, deux enfants

26 599 $

24 180 $

110 %

29 163 $

91 %

Le tableau ci-dessus illustre le pourcentage du salaire minimum que touche chaque type de famille par rapport aux seuils de pauvreté. Même s'ils occupent un emploi à temps plein, dans la plupart des cas, les travailleurs qui touchent le salaire minimum ne gagnaient pas suffisamment d'argent pour que le revenu familial se situe au-dessus des seuils de pauvreté. La personne seule apte au travail recevait 91 p. cent de la MPC et seulement 73 p. cent du SFR. Le travailleur seul handicapé recevait 98 p. cent de la MPC et seulement 78 p. cent du SFR, et le chef de famille monoparentale avec un enfant, 82 p. cent de la MPC et 75 p. cent du SFR. Le couple avec deux enfants était le seul type de famille dont le revenu était supérieur à l'un des seuils de pauvreté, puisqu'il recevait 110 p. cent de la MPC, mais seulement 91 p. cent du SFR.

Par ailleurs, le salaire minimum forçait la plupart de ces travailleurs à consacrer un montant disproportionné de leur revenu au loyer. Nous avons calculé un pourcentage en utilisant les revenus nets. Le travailleur seul apte au travail dépensait 66 p. cent de son revenu pour payer le loyer d'un logement à prix moyen. Avec près de 62 p. cent de son revenu consacré au loyer, le travailleur seul handicapé dépensait un peu moins d'argent pour se loger. Le chef de famille monoparentale avec un enfant consacrait environ 64 p. cent de son revenu net au loyer. Le couple avec deux enfants était le seul type de famille dont le loyer correspondait au pourcentage recommandé de 30 p. cent du revenu, en y consacrant 32 p. cent de son revenu.

La situation financière du chef de famille monoparentale était plus difficile en raison des frais de garde d'enfants que ce dernier doit assumer pour pouvoir travailler. Les frais de garde comptaient pour près de 40 p. cent du revenu net de ce travailleur. Les frais de garde combinés au loyer moyen totalisaient un montant plus élevé que le revenu net total. Autrement dit, ce travailleur n'a pas les moyens de payer un loyer et des frais de garde.

Pour un chef de famille monoparentale avec un enfant, la différence de revenu entre l'aide sociale et le travail à temps plein au salaire minimum est ridiculement faible. En 2000, un chef de famille monoparentale avec un enfant recevait des prestations d'aide sociale de 11 526 $, soit seulement 2 411 $ de moins que s'il avait travaillé à temps plein au salaire minimum. Si ces parents n'ont pas les moyens de payer un loyer et des frais de garde avec le salaire minimum, ils ont très peu de raisons de vouloir quitter l'aide sociale pour entrer sur le marché du travail.


FAIBLE SALAIRE

ALBERTA, FAIBLE SALAIRE, 2000

 

Salaire brut

Salaire net

% de la différence

Personne seule apte au travail

20 800 $

16 665 $

-19,9 %

Personne seule handicapée

20 800 $

17 757 $

-14,6 %

Chef de famille monoparentale, un enfant

20 800 $